La CPI demande «25 ans minimum» contre Bemba



La HayeL’ancien vice-président congolais est condamné pour crimes de guerre. La procureure de la CPI a requis 25 ans de prison au minimum.

Jean-Pierre Bemba avait été reconnu coupable en mars de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par sa milice en Centrafrique.

La peine requise par l’accusation est de «25 ans d’emprisonnement au minimum», a affirmé Fatou Bensouda, ajoutant : «une telle condamnation serait proportionnelle à la gravité des crimes commis par Jean-Pierre Bemba et son degré de culpabilité».

Le 21 mars, au terme d’un procès ouvert en novembre 2010, la CPI avait reconnu l’ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en 2002 et 2003 en Centrafrique, en vertu du principe de la «responsabilité du commandant».

Ce jugement était également le premier de la CPI à avoir condamné le recours au viol comme un crime de guerre.

Jean-Pierre Bemba, dont la défense avait demandé entre 12 et 14 ans de détention, a écouté les arguments de l’accusation de manière impassible. Les juges décideront de sa peine à une date ultérieure.

Circonstances aggravantes

Jean-Jacques Badibanga, un des représentants du bureau du procureur, a ensuite expliqué les circonstances aggravantes retenues par l’accusation: «la commission des crimes à l’encontre de victimes particulièrement vulnérables et la commission de ces crimes avec une cruauté toute particulière».

En octobre 2002, quelque 1500 hommes du Mouvement de libération du Congo (MLC) qu’il dirigeait s’étaient rendus en Centrafrique pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d’une tentative de coup d’Etat menée par le général François Bozizé. Jusqu’en mars 2003, les troupes de Jean-Pierre Bemba y avaient tué, pillé et violé.

«Conscient de la gravité des crimes»

«M. Bemba a toujours été parfaitement conscient de la gravité des crimes», a ajouté M. Badibanga, soulignant que les circonstances atténuantes alléguées par la défense «ne sauraient être retenues pour réduire la peine».

Selon la défense, le fait que Jean-Pierre Bemba ne commande plus ses troupes ou le fait que ses enfants aient grandi sans leur père devraient être pris en compte pour atténuer la peine qui sera décidée par les juges.

Jean-Pierre Bemba, 53 ans, encourt jusqu’à 30 ans de prison, voire la perpétuité si les juges estiment que l’«extrême gravité du crime» le justifie. Arrêté à Bruxelles en 2008, il a déjà passé huit années en détention. (ats/nxp)

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