La culture s’invite dans un grande surface commerciale d’Azazga (Tizi-Ouzou)



Enfin la culture s’invite dans un centre commercial. Dans une virée au supermarché « Priba » de la ville d’Azazga, à une quarantaine de kilomètres à l’Est de Tizi Ouzou, nous avons été frappés par la présence d’auteurs littéraires installés dans le porche de l’établissement pour une vente-dédicace de livres de poésie et de roman.

Il y avait trois auteurs locaux. Deux poètes, Ahcene Mariche et Idir Bellali. Ce dernier est aussi un auteur compositeur très prolifique mais aussi Rabah Benamghar, un romancier venu pour présenter son dernier roman « Le retour au bercail ». « Nous sommes ici à la demande insistante des gérants de ce magasin qui veulent réellement promouvoir la culture et aider les auteurs à se faire connaître et faire connaître leurs œuvres », déclare l’inénarrable aède, Ahcene Mariche. Notre poète Ahcène est une icône dans toutes les régions de Kabylie. Il est connu aussi dans beaucoup d’autres régions du pays en ayant participé à toutes les manifestations culturelles tant nationales que régionales. « Pour la célébration de la fête berbère Yennayer, je serai à Oran pour répondre à l’invitation de l’association Numidia qui milite pour tamazight dans l’Oranie. Et juste après, je me rendrai à Bordj Bouariridj pour répondre à une autre sollicitation », nous apprend-il lors d’une discussion improvisée.

Pour les citoyens rencontrés sur place, l’initiative est à saluer tellement les librairies sont de moins en moins visitées. « Ici, on fait ses emplettes et on profite pour approcher des auteurs connus ou moins connus », nous fait remarquer une femme qui se faisait dédicacer un livre sur place. Pour Idi Bellali, l’auteur doit se déplacer pour vendre et faire connaître son produit, sinon il moisira sur les étagères des libraires. Pour les responsables de ce magasin très en vogue dans toute la région, l’expérience vaut la chandelle. Ils nous apprennent qu’ils ont déjà reçu d’autres auteurs auparavant comme Malika Arabi, Lyes Ghemras et tant d’autres. « Malgré l’exiguïté des lieux, nous nous efforçons de réunir toutes les conditions pour satisfaire nos amis écrivains. A l’avenir, nous essayerons d’aménager un stand spécialement pour ce genre de rencontres très enrichissantes pour nos citoyens. Nous ne pouvons pas rester en marge du monde culturel’, nous déclare un des responsables du centre commercial. Pour lui, Priba sera toujours là pour promouvoir la création artistique et littéraire. Pour Rabah Benamghar, poète et romancier, les temps ont changé et les habitudes aussi. « Avant, il y avait des lecteurs et pas livres. Maintenant, il y des livres et pas de lecteurs. Alors pour s’imposer et se faire connaître, il faut se déplacer et aller à la rencontre de potentiels lecteurs. Le combat contre la fatalité et l’ignorance va se gagner à ce prix », résume ce dernier.

Nous avons quitté les lieux avec l’espoir de voir des initiatives pareilles se généraliser partout et pour tous.

R. B.

Source : lematindz.net

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