La Guerre froide est-elle en train de faire son retour?



Le coordonnateur du renseignement américain James Clapper juge possible le retour à une forme de «Guerre froide» entre les Etats-Unis et une Russie déterminée à défendre son statut de grande puissance mondiale.

«Beaucoup d’actions agressives» des Russes en ce moment pour défendre leur «statut de grande puissance mondiale» pourraient continuer, et «nous pourrions nous trouver à nouveau dans une spirale semblable à la Guerre froide», a-t-il déclaré devant les membres de la commission des forces armées du Sénat.

«les Russes très inquiets»

«Les Russes sont paranoïaques sur l’OTAN», a déclaré James Clapper, «ils sont très inquiets» d’être bloqués dans leurs capacités d’action.

«Ils sont très, très inquiets» sur la défense anti-missile occidentale et son effet de sape sur leur arsenal nucléaire, pierre angulaire de leur statut de grande puissance mondiale, a expliqué le coordonnateur du Renseignement américain.

Politique internationale

Le président russe Vladimir Poutine est «le premier dirigeant depuis Staline à avoir accru le territoire russe», a rappelé James Clapper, en allusion à l’annexion de la Crimée au printemps 2014.

Et l’intervention russe en Syrie est «la première utilisation significative» d’une force expéditionnaire en dehors de l’ex-sphère soviétique «depuis des décennies», a-t-il souligné.

Guerre de l’information

La Russie par ailleurs «porte la guerre de l’information à un nouveau niveau», «publiant des informations fausses ou trompeuses pour discréditer l’Occident», ou «rendre confus» les évènements qui nuisent à son image, a-t-il dit.

Dans son rapport écrit, James Clapper note également que la Russie développe son potentiel de cyber-attaques, avec une volonté notamment de «cibler les infrastructures clefs» (réseaux d’électricité, de transports, etc…). «Les opérations cyber russes vont vraisemblablement viser des intérêts américains», note James Clapper.

La Russie a par ailleurs développé un missile de croisière en violation du traité des forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), a-t-il encore relevé.

Réaction de l’ambassadeur russe

Lors d’une rencontre, lundi soir, avec quelques journalistes de Washington, l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Sergueï Kislyak avait reconnu que les relations entre les deux pays étaient «dans une situation, malheureusement, difficile».

Mais quant à parler d’un retour à la Guerre froide, «je ne le pense pas, sincèrement, parce qu’à l’époque (Washington et Moscou) avaient des divisions idéologiques», selon le diplomate russe.

«Nous avons pu mettre un terme à la Guerre froide mais probablement pas été capables de bâtir une paix post-Guerre froide», a-t-il analysé.

Relation de travail «honnête»

Il s’est notamment inquiété d’une «expansion de l’infrastructure militaire de l’OTAN près de nos frontières» à laquelle il faut que Moscou «soit préparé (…) malheureusement».

L’ambassadeur russe a toutefois salué la relation de travail «honnête et professionnelle» entre son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain John Kerry qui est, de fait, le canal de communication principal entre les deux grandes puissances depuis trois ans sur les crises internationales. (afp/nxp)

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