La littérature algérienne au dernier wagon de l’Histoire



Anthologies, thèses, mémoires, articles et communications dans des séminaires universitaires ou non, ont de tout temps vénérer des écritures, des hommes et femmes pour la simple raison qu’ils et qu’elles forment un héritage culturel qu’il fallait défendre à tout prix. Une défense qui transforma les auteurs en démiurges et leurs textes en canons religieux.

Les auteurs sont classés et reclassés, lus et relus dans le sens des événements que traversent l’Algérie, si le lecteur est un autochtone. De l’autre côté de la Méditerranée, la vision est étoffée de propos qui assimilent l’écriture des Algériens à un comportementalisme de sous-genres ou encore à des influences, voire des copies-conformes à des aînés d’outre-désert. A-t-on lu et relu ces textes pour dire quelque chose de nouveau sur eux ? Non. Il y a même un « très grand écrivain d’étalage de galerie » qui affirmait n’avoir lue Nedjma et cet autre, l’invité de partout et de tout le monde, s’entend dire qu’en lisant Nedjma, il ne comprenait rien du texte. C’est peut-être vrai lorsque l’on fait partie d’une littérature des urgences hospitalières. Mais l’amer constat est bien là. Les écrivains de la place ne lisent plus puisqu’ils reflètent les champs sociaux décadents. Ils préfèrent fleureter (dans le sens d’avoir toujours des fleurs à la main) avec les institutions, souriants, mollement adoucis par des plumitifs aux services des hauts administratifs.

Si nos écrivains lisaient et dans les deux langues nationales (la troisième est toujours en attente de son dictionnaire), ils saisiraient au mieux que le chronotope bakhtinien révèle qu’un Mouloud Feraoun, adhérant de la « secte » des Nouveau Humanistes, ne faisait que décorer nos villages à la grecque, de couleurs dignes d’un tourisme de montagnes.

Un Mouloud Mammeri enfermé dans le seul espace géologique des premières formations et qu’un Kateb Yacine se déroule les genres d’écritures afin d’occulter sa misogynie ancestrale et son incapacité de saisir l’évolution des mouvements sociaux, sans évoquer l’Académicienne Assia Djebar qui s’est abreuvé de La Soif générique pour œuvrer à la défense et l’illustration de la culture des aristocrates déchues par la République de Marat.

Pour la littérature arabe des Algériens, elle est un amas de clichés et de valeurs soumisent aux appréciations tendancieuses de son lectorat. Réda Houhou se sert par son écriture à des tergiversations du discours de la classe dirigeante du moment. Réformiste convaincu, ses textes s’adapteront, après l’indépendance politique, à l’alimentation de l’apprentissage élémentaire du nationalisme chauvin et d’un islamisme rompant L’As d’un jeu de carte est d’autant plus contradictoire, voire a-historique dans une société qui émerge vers de nouveaux horizons démographiques et politiques.

Quelques exemples, pour ne citer que les plus dominants par le fait de l’orientation critique dominante, celle qui fait plaisir, cache les désirs et occulte la réelle incapacité de notre littérature à jouer un rôle culturel moteur afin d’élever le niveau de la conscience collective vers une prise en charge de sa propre destiné. Notre littérature, toutes écritures confondues, s’est laissé, par ses textes, entrainé dans l’abîme des contradictions sociales et historiques au lieu de prendre le chemin de l’éveil des consciences.

Nous remarquons aujourd’hui que le lectorat de cette littérature est au même nombre de celui qu’il était en 1936.

M.K.A.

Université d’Alger – 2.

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