La passion soufie et matisse (4 et Fin)



Au moment où Matisse entreprend ce grand’oeuvre maghrébin, éclate la première guerre mondiale (1914/1918) qui le révolte et le bouleverse. Il a la chance d’être réformé pour une malformation quelconque, mais il redouble de nostalgie et de passion pour l’Algérie et le Maroc, tout en passant l’été à Nice où il continue à peindre « arabe ».

En effet, tout en résidant de longues périodes dans le sud de la France, Matisse ne va plus créer mais reproduire et retravailler les toiles que ses séjours en terre d’Islam ont inspirées. Ainsi, il reprend : « Les Odalisques d’Alger », « Nu de Biskra », « Les jardins de Biskra », « Le Paravent mauresque », « Les Tapis de Constantine », « Femmes Constantinoises », « Le Café de Tanger », « Les Rues De Fez », « Souvenirs De Tunis », « Les terrasses d’Hammamet », etc. En un mot l’art décoratif musulman s’est ancré plus profondément encore dans la vision de Matisse obsédé jusqu’à l’extase.

Brusquement Matisse cesse de peindre, de 1928 à 1935, et quand il reprend, sa thématique est encore plus imprégnée de mysticisme soufi, comme s’il avait passé ces sept ans de silence à méditer la pensée d’Ibn Arabi, de Halladj et de Chahrawardi. À partir de cette date, le peintre va s’habiller, exclusivement, de vêtements maghrébins, jusqu’au mimétisme.

L’iconographie de Matisse donne à lire des éléments qui se sont constitués en un système de signes qui donnent à vivre toute une civilisation arabo-musulmane qu’il rend plus éblouissante grâce à son art porté, maintenant, à un niveau de perfection vertigineuse, car l’illumination y est de l’ordre de la transcendance soufie, particulièrement à celle d’Ibn Arabi pour qui il vouait une passion dévorante.

Elle s’appelle : « FIRDAOUS ».

Source : tsa-algerie.com / Rachid Boudjedra

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