La Russie va-t-elle se retirer du Traité sur les forces nucléaires?



Washington a déployé son système de défense antimissile en Roumanie, tout près des frontières russes. La riposte de Moscou est attendue.

La Russie considère le déploiement d’un nouveau système de défense antimissile américain en Roumanie comme une menace. En réponse, elle considère la possibilité de quitter le Traité sur la réduction des armements stratégiques offensifs (START).

« Bien sûr, ce serait une mesure extrême, et j’espère que ça n’ira pas jusque-là. En ratifiant le dernier traité START, le parlement russe a émis une réserve, prévoyant que la Russie pourrait quitter le Traité en cas du déploiement d’éléments de bouclier antimissile américain en Europe de l’Est », a déclaré Viktor Ozerov, président du Comité sur la défense et la sécurité de la Chambre haute du parlement russe.

Selon M. Ozerov, ces « mesures extrêmes » sont envisageables si la Russie considère que le déploiement d’éléments du système de défense antimissile « est irréversible et qu’il présente une menace réelle pour notre sécurité. »

De plus, le sénateur a annoncé que l’état-major général, le conseil de sécurité et le président devaient préparer un ensemble « de mesures de rétorsion », y compris l’utilisation de systèmes de missiles antiaériens S-400 Triumph, déployés à Kaliningrad, ainsi que la création de groupes militaires de réactions dans d’autres régions de la Russie.

Le président du comité a également souligné que la Russie, contrairement à l’époque soviétique, n’a pas d’intention de concurrencer les Etats-Unis et  l’Otan en termes de quantité d’armes et de matériels militaires. Selon lui, la priorité est désormais donnée à la qualité.

« La réponse devrait être moins quantitative, mais plus efficace », a estimé le sénateur.

Bien que la Russie soit prête à prendre des « mesures extrêmes », Moscou préfère régler les différends par des négociations. D’après M. Ozerov, l’élargissement du bouclier antimissile américain ne doit pas entraver la  récente reprise du dialogue entre la Russie et l’Alliance atlantique.

« Le dialogue est toujours meilleur que le silence, on ne doit pas abandonner les négociations. Mais ce dialogue ne doit pas masquer les plans de nos homologues occidentaux visant à renforcer leur présence militaire à proximité de nos frontières », a-t-il expliqué.

Lancé en 2010, le projet de bouclier antimissile global de l’Otan, basé principalement sur la technologie américaine, vise le déploiement successif des systèmes antimissiles et des radars puissants en Europe de l’Est et en Turquie, près de la frontière occidentale et de la frontière sud de la Russie.

En Roumanie, les travaux ont commencé en octobre 2013 sur le site de Deveselu, qui fait partie de la deuxième phase de ce projet. Ce projet  prévoit, par ailleurs, le déploiement d’un radar en Turquie et de quatre navires, dotés des systèmes antiaériens Aegis, à Rota, en Espagne.

Selon les plans de l’Otan, la troisième phase prévoit l’installation d’un système de défense antimissile en Pologne.

Signé en avril 2010 par les présidents russe et américain, Dmitri Medvedev et Barack Obama, le traité START prévoit un maximum de 1.550 ogives nucléaires déployées pour chacun des deux pays, soit une réduction de 30% par rapport au niveau établi par le Traité de désarmement nucléaire conclu le 24 mai 2002 à Moscou.

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