La Suisse adopte une loi sur l’immigration sans quotas en direction de l’UE



Le Parlement suisse a adopté vendredi une loi limitant l’immigration tout en évitant l’instauration de quotas qui aurait contrarié les relations entre la Confédération helvétique et l’Union européenne.

Le texte voté par les deux chambres de l’Assemblée fédérale est moins restrictif que celui qui avait été soumis aux Suisses en 2014 lors d’une consultation référendaire qui prévoyait d’établir un plafond annuel au nombre d’Européens souhaitant travailler en Suisse.

Cette option avait les faveurs de l’Union démocratique du centre (UDC, souverainiste), première formation politique du pays, qui était à l’origine de l’initiative populaire.

La majorité des parlementaires a toutefois voulu éviter un conflit avec l’Union européenne, principal partenaire commercial de la confédération, qui aurait pu décider d’abroger des accords bilatéraux représentant environ 7% de la production économique suisse.

Des membres de l’UDC ont immédiatement dénoncé « une violation de la Constitution » et regretté « la poursuite de l’immigration de masse » dans un pays où un quart des habitants sont d’origine étrangère.

La Commission européenne a accueilli avec prudence cette décision du parlement helvétique, estimant que le texte « semblait aller dans la bonne direction ».

L’enjeu dépasse le strict cadre de la Suisse au moment où la Grande-Bretagne se prépare à invoquer l’article 50 du Traité de Lisbonne pour entamer sa sortie de l’UE et reprendre le contrôle de ses frontières en limitant les entrées de ressortissants européens sur son territoire.

Le texte adopté vendredi contourne le problème des quotas et prévoit qu’en période de mauvaise conjoncture économique les employeurs des secteurs et régions dont le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale devront informer de leurs offres les bureaux cantonaux de l’emploi et recevoir les noms des candidats.

L’argument est que les résidents suisses seront facilement en mesure de s’inscrire dans les centres d’aide à l’emploi sans pour autant défavoriser les transfrontaliers venant chaque jour travailler en Suisse mais également les ressortissants de l’UE ou ceux de l’Association européenne de libre-échange (AELE) qui pourront faire de même.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devait avoir vendredi des entretiens avec le président suisse Johann Schneider-Amman et la réunion d’une commission bipartite est prévue jeudi prochain.

Reuters

Source : lematindz.net

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