La Turquie intensifie son intervention en Syrie



Près d’une semaine après le début de l’opération militaire « Bouclier de l’Euphrate » dans le nord de la Syrie, la Turquie semble déterminée à intensifier cette offensive. En sus de la multiplication des bombardements, Ankara envoie aussi presque quotidiennement des chars militaires.

35 civils tués dans des bombardements

Si la Turquie affiche officiellement son ambition d’en découdre une bonne fois pour toutes avec la présence de l’organisation État islamique et des milices kurdes activant dans la région, les raids aériens ainsi que les tirs d’artillerie de son armée font des victimes civiles, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

En effet, l’ONG a indiqué ce dimanche qu’au moins 35 civils ont été tués ainsi que plus de 70 blessés dans les bombardements effectués par les troupes d’Ankara. « Au moins 20 civils ont été tués et 50 autres blessés par des tirs d’artillerie et des frappes aériennes turcs dimanche matin sur Jeb el-Koussa, un village au sud de la localité syrienne de Jarablos », a déclaré à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

En outre, « 15 civils ont péri et 25 ont été blessés, la plupart grièvement dans des bombardements turcs près du village d’al-Amarné », également au sud de Jarablos, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, la Turquie a annoncé avoir tué 25 membres du Parti des travailleurs kurdes (PKK) et sa filiale syrienne, le Parti de l’union démocratique (PYD). L’on ignore si ces 25 morts font partie du bilan avancé par l’OSDH.

Ankara veut s’installer durablement

En parallèle, la Turquie, qui dispose actuellement d’une cinquantaine de chars et de centaines de soldats sur le sol syrien après s’être emparée de la ville frontalière de Jarablos, vise à faire durer son opération dans le temps, notamment après l’attentat perpétré, vendredi 26 août, par le PKK contre le quartier général de la police de Cizre, située sur la frontière de la Syrie et de l’Irak.

À ce titre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que cet attentat ne ferait que renforcer la détermination de son pays à combattre des groupes terroristes dans son pays et à l’étranger.

En effet, Ankara craint la formation d’une « base arrière » par les milices kurdes au long de sa frontière, notamment après que les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de groupuscules kurdes et de combattants arabes, ait repris la ville de Manbij au début du mois d’août. D’ailleurs, la Turquie n’a jamais vu de bon œil l’avènement de cette force militaire, soutenue par Washington.

Source : tsa-algerie.com / Nacereddine Benkharef

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