La Turquie sur le point de renoncer à l’adhésion à l’UE?



Le président turc a soudainement changé de rhétorique à propos de l’UE. Ses déclarations récentes sur la probable tenue d’un référendum sur l’adhésion de son pays à l’UE et sur le sort ultérieur des négociations en l’espèce ont embrasé une vive polémique au sein de la société turque.

Au cours des trois dernières années, l’UE a systématiquement surveillé — et critiqué —la politique d’Ankara sur des questions comme la liberté de la parole, la liberté des rassemblements, la censure et la pression dans le domaine médiatique. Et la situation s’est encore aggravée lorsqu’on a évoqué l’interprétation turque de la notion de « terrorisme »…

Mais aujourd’hui, Recep Tayyip Erdongan semble préparer le pays à renoncer au Graal tant convoité par la Turquie: l’Union européenne. C’est du moins ce qu’estime le directeur du Centre turc de la coopération stratégique Suat Kınıklıoğlu dans une interview accordée à Sputnik. Alors qu’il est de plus en plus évident que l’instauration du régime sans visas ne se déroule pas comme prévu, la population turque a eu l’idée d’élire un dirigeant solitaire qui lutte contre l’Occident.

« Les déclarations récentes d’Erdogan au sujet de l’UE sont une tentative de préparer l’électorat à un éventuel frein des pourparlers et à un refroidissement des relations Turquie-UE en conséquence », affirme M. Kınıklıoğlu.

Cela fait près de trois ans qu’Ankara s’efforce de créer, dans la conscience publique, une image d’Erdogan en tant que dirigeant du monde islamique luttant contre l’Occident « hypocrite et sournois ». Et alors le gouvernement turc avait placé de grands espoirs dans la libéralisation du régime des visas, le processus a été tué dans l’œuf.

Quant à l’économie turque, elle démontre des tendances de plus en plus négatives, un contexte qui, au final, place le président dans une situation toujours plus défavorable.

A l’heure actuelle, l’Europe elle-même vit des turbulences sérieuses et s’attend à une période assez instable économiquement et politiquement parlant. Et il est d’autant plus difficile de parler des perspectives de l’adhésion de la Turquie à l’UE qu’il n’y pas de pourparlers, mais un chantage et un marchandage au sujet des migrants, résume M. Kınıklıoğlu.

Lire l’article depuis sa source : fr.sputniknews.com

Laisser un commentaire