LA VALEUR DU TRAVAIL.



Autrefois, il y’a bien longtemps, vivait un roi sage et respecté dans la ville de Cirta, capitale de la Numidie. Il avait un seul enfant, gâté par sa mère. Il voulait lui donner une bonne éducation en lui enseignant à gagner sa vie honnêtement grâce à la sueur de son front, seul garant d’une vie digne et décente. Il lui dit :

-« Mon fils ! Te voilà devenu majeur. Tu dois aller travailler. »

« Mais, papa ! Qu’est-ce que je ferais ? »

-« Tu feras l’importe quel travail. Pourvu que tu gagnes ta vie honnêtement à la sueur de ton front. »

-« Qu’est-ce que tu dis, papa ? Est-ce que nous manquons d’argent ? »

-« Non, mon fils. Seulement, le travail est honorable. Un dinar acquis honorablement vaut mieux qu’un million de dinars acquis frauduleusement. Quant à travailler chez les gens, cela ne pose aucun problème. Nous travaillons tous pour les autres, y compris moi, le roi. Si les gens n’existaient pas, est-ce que je serais un roi ? »

La reine intervient :-« Je ne voudrais pas que mon fils travaille, à moins qu’il le fasse dans le royaume. »

-« Notre fils travaillera d’abord chez les autres puis, il travaillera chez nous », tranche le roi.

Le fils sort le matin en faisant semblant d’aller travailler en ville et revient le soir. Sa mère lui donne un dinar chaque jour. Son père l’interroge :

-« Est-ce que tu as travaillé aujourd’hui ? »

« Oui, papa ! »

-« Qu’est-ce que tu as gagné ? »

« J’ai gagné un dinar ».

Le roi prend le dinar et le jette par la fenêtre. Le fils garde le silence. Cette scène se répète pendant une semaine.

Un jour, le fils décide d’aller travailler réellement chez un forgeron. Toute la journée, il avait fourni des efforts et son front ruisselait de sueur. Le soir, son père l’interroge comme d’habitude. Son fils exhibe fièrement un dinar.

-« Donne-moi le dinar, je vais le jeter par la fenêtre. »

« Papa, je t’en prie, arrête ! J’ai fourni tellement d’efforts pour le gagner. J’ai même affronté le feu et le fer. Mon front ruisselait comme une rivière », dit-il en pleurant.

-« Maintenant, je suis fier de toi car tu as appris la valeur du travail, de l’effort, de l’argent. Tu es devenu un homme mûr et responsable. Je peux compter sur toi pour gérer mon royaume. Je peux prendre ma retraite la conscience tranquille. »

Une histoire de Yahia Yanes, adaptée par Hammar Boussad.

Laisser un commentaire