La «veuve noire de l’Isère» rejugée à Valence



FranceManuela Gonzalez, a-t-elle tué son dernier mari? La justice tentera à nouveau de répondre à cette question lors d’un procès en appel qui débute lundi.

En première instance il y a deux ans, la cour d’assises de l’Isère avait condamné la quinquagénaire, placée en détention provisoire depuis 2010, à 30 ans de réclusion criminelle. Mais en septembre dernier, elle avait été remise en liberté au motif que le délai entre son premier procès et l’appel était trop long. Une libération qui avait révolté les parties civiles et alimenté le débat sur la lenteur de la justice.

Plusieurs somnifères

Le corps de Daniel Cano, chaudronnier de 58 ans, avait été trouvé le 31 octobre 2008 à l’arrière de son véhicule incendié, non loin de leur maison de Villard-Bonnot, dans la vallée du Grésivaudan (Isère). Rapidement, l’enquête avait conclu à un incendie volontaire et les analyses toxicologiques avaient révélé la présence de trois somnifères différents dans le sang de la victime. Fait troublant: un mois avant, il avait déjà failli mourir dans l’incendie de la chambre conjugale. La faute à une bougie que le chien de la maison aurait fait tomber.

Avant lui, quatre autres compagnons de l’accusée avaient subi des intoxications, dont deux avaient péri de mort violente, valant à Manuela Gonzalez ce surnom de «veuve noire». Même si, in fine, le premier décès a été considéré comme un suicide et si pour le suivant, en 1991, cette dernière a bénéficié d’un non-lieu. Manuela Gonzalez, 55 ans aujourd’hui, a toujours clamé son innocence. Et cette fois-ci, «elle est convaincue de convaincre» la cour d’assises d’appel de la Drôme, explique à l’AFP un de ses avocats, Me Ronald Gallo.

Grand-mère

Car depuis sa libération, elle a pu profiter de sa famille, de son nouveau rôle de grand-mère: «elle est plus sereine que lors du premier procès», ajoute le conseil. Elle a aussi étoffé sa défense, s’adjugeant les services de Me François Saint-Pierre, ténor du barreau qui a notamment défendu Maurice Agnelet dans l’affaire Agnès Le Roux. En première instance, les jurés avaient estimé que malgré l’absence de «preuves évidentes», il existait «un faisceau d’éléments, un enchaînement des faits, de constatations» permettant de conclure à la culpabilité de l’accusée.

«Soit on condamne sur la base d’une impression» fondée notamment sur son passé, soit «sur la base d’une démonstration», relève Me Gallo. De leur côté, le fils de Daniel Cano, son frère et sa soeur, sont «très nerveux et sous pression» à deux jours de l’ouverture de ce nouveau procès qui va les replonger dans ce drame, selon un de leurs avocats, Me François Leclerc. «On est un peu méfiant avec le nouvel avocat en face, et nerveux. Mais à la fois, on est confiant parce qu’on connaît le dossier», ajoute Me Camille Galliard-Minier. Le procès, qui s’ouvrira lundi à 9h au palais de justice de Valence, est prévu jusqu’au 31 mai. (afp/nxp)

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