L’Algérie dans le filet de surveillance de la NSA



L’Algérie fait partie d’une liste de plusieurs pays ciblés par un programme de surveillance de l’Agence américaine de renseignement NSA permettant entre autres de géo-localiser tous les cyber-cafés et les antennes satellitaires dans ces pays en vue d’éventuellement appréhender ou tuer des terroristes. Le programme, nommé Ghosthunter, a été révélé ce mardi par The Intercept sur la base de documents obtenus par le biais du célèbre lanceur d’alertes Edward Snowden.

Développé en 2006, le programme Ghosthunter est décrit comme un moyen « de localiser des cibles lorsqu’elles se connectent à Internet » et aurait amorcé « un nombre significatif d’opérations de capture ou élimination » de terroristes présumés. The Intercept cite notamment l’exemple de l’élimination en 2007 au Liban d’un membre d’Al Qaïda nommé Abu Sumayah. Le programme de la NSA avait réussi à le localiser dans un rayon de quelques centaines de mètres seulement. Les informations obtenues par la surveillance de la NSA ont ensuite été transmises une unité secrète d’opérations spéciales nommée Task Force 11-9, apte à mener un raid clandestin pour capturer ou tuer la cible.

Dans un autre exemple, toujours en 2007, Ghosthunter a été utilisé pour identifier un trafiquant d’armes pour le compte d’Al-Qaïda en Irak nommé Abu Sayf. Les systèmes de surveillance de la NSA ont repéré Abu Sayf lorsque ce dernier s’est connecté à son compte email ou messenger Yahoo dans un cybercafé près d’une mosquée à Anah, une ville à 320 kilomètres environ de Bagdad. Les analystes de la NSA stationnés à la base Menwith Hill au Royaume-Uni (la plus grande base de la NSA en dehors du territoire américain) ont réussi à cibler sa position avant que le commandement militaire basé à Falloujah ne capture lors d’une opération Abu Sayf et plusieurs de ses associés.

Surtout, un document daté de 2009 cité par The Intercept indique que Ghosthunter se concentrait durant cette période « sur la géolocalisation des cybercafés dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord en soutien opérations militaires américaines ». Le document précise que le programme avait jusqu’à cette période « géo-localisé avec succès plus de 5.000 terminaux VSAT en Irak, Afghanistan, Syrie, Liban et Iran ».  Le VSAT, ou « terminal à très petite ouverture » (Very Small Aperture Terminal), est un système satellitaire utilisé communément par les cybercafés et les gouvernements du Moyen-Orient pour envoyer et recevoir des communications et des données, explique The Intercept. Selon les documents cités par ce dernier, Ghosthunter peut également intercepter les données transmises par les VSATs situés au Pakistan, en Somalie, aux Philippines, au Mali, au Kenya, au Soudan et en Algérie.

 « Ce qui est clair à partir des documents est qu’ils peuvent surveiller les appareils VSAT en Algérie dans le cadre de l’opération Ghosthunter », affirme Ryan Gallagher, auteur de l’article, dans une correspondance avec TSA. « Les VSATs sont largement utilisés par toutes sortes de groupes – les gouvernements, les entreprises, les cybercafés, etc. « Si vous vérifiez, je suis sûr que vous serez en mesure de trouver des utilisateurs VSAT en Algérie. Il suffit de regarder les bâtiments avec des antennes paraboliques sur le toit », explique-t-il.

Bien qu’il ne soit pas encore établi pour le moment que la NSA surveille activement la transmission de données satellitaires en Algérie, il semble cependant désormais clair que la NSA a mis en place des dispositifs lui permettant de le faire aisément.

Source : tsa-algerie.com / Yacine Babouche

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