L’Algérie et les pays arabes fortement touchés par les conflits et la chute des prix du pétrole



20 millions de déplacés et 10 millions de réfugiés En plus du désastre humanitaire, les conflits armés en Irak, Syrie, Libye et Yémen ont un coût …

Le FMI a publié vendredi une étude portant sur 179 pays dont 16 situés dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), qui relève l’impact des conflits armés et des déplacements de population sur les économies de la zone.

20 millions de déplacés et 10 millions de réfugiés

En plus du désastre humanitaire, les conflits armés en Irak, Syrie, Libye et Yémen ont un coût durable pour les économies de ces pays et celles de leurs voisins, note le FMI dans son rapport. Récessions, inflations, institutions affaiblies… « Depuis 2010, les réfugiés en provenance de Syrie et d’Irak ont augmenté la population libanaise d’un quart et celle de Jordanie, d’un dixième », explique le FMI. Des faits qui impliquent une pression supplémentaire sur les budgets de ces États, sur les infrastructures publiques, le marché du travail et du logement. La Turquie, pays aux portes de l’Europe accueille « 3 millions de réfugiés », et se trouve dans la même situation. À cause de ces conflits, la région MENA souffre plus généralement d’une baisse des investissements et d’un ralentissement des échanges.

Le PIB syrien réduit de moitié

En 2015, quatre ans après le début de la guerre civile, le PIB de la Syrie chutait de moitié par rapport au chiffre enregistré en 2010. Le Yémen, qui subit depuis mars 2015 une intervention de la coalition internationale menée par l’Arabie saoudite, a vu son PIB baisser de 25 à 35%. En Libye, il connaît quant à lui une chute de 24% en 2014 due à la volatilité des prix du pétrole et du conflit armé dans le pays.

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Ces états en guerre sont confrontés à un exode de leur population qui se manifeste par des déplacements internes importants ou dans les pays voisins. Ces situations qui durent dans le temps entraînent une augmentation de la pauvreté (80% de la population yéménite nécessiterait une assistance humanitaire), du chômage, des décrochages scolaires et une réduction de l’espérance de vie.

Selon le FMI, l’ensemble de la région MENA (y compris l’Algérie qui figure parmi les pays étudiés), souffre d’une réduction moyenne de 1,9% du PIB. Pour tenter de juguler la crise, l’organisation soulève la nécessité d’augmenter les financements externes afin d’apporter une aide humanitaire plus importante aux populations dans et en provenance de ces zones en guerre ainsi qu’aux pays qui les accueillent.

En Afrique, les cours du pétrole font chuter les taux de croissance des pays exportateurs

Le taux de croissance des pays exportateurs de pétrole – Algérie, Angola, Nigeria et Soudan – a diminué de 7,3% à 4% entre les périodes 2000-2010 et 2010-2015, indique un rapport du cabinet McKinsey publié ce mois-ci. On note plus largement un ralentissement des six plus importantes économies du continent (Nigeria, Égypte, Afrique du Sud, Algérie, Maroc et Angola) depuis 2010.

Le cabinet identifie deux groupes de pays dont les économies ont été affectées, soit par le bouleversement politique engendré par le printemps arabe, soit par la chute des prix du pétrole. La productivité des pays exportateurs de pétrole (Algérie, Angola, Nigeria et Soudan), a ainsi chuté de 3,9% à 1,4% entre les périodes citées précédemment. Au sein des états ayant expérimenté un changement politique, la productivité est passée de 1,1% à 0,3%.

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Dans un rapport datant du mois d’avril 2016, le FMI indiquait pour sa part que « les déficits budgétaires cumulés des pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe, NDLR) et de l’Algérie devraient, d’après les projections, atteindre près de 900 milliards de dollars sur la période 2016–2021 ». L’organisation appelait alors ces états à prendre de nouvelles mesures économiques à moyen terme. « L’Algérie, l’Arabie saoudite, le Bahreïn et Oman deviendront débiteurs au cours de ces années, leurs besoins de financement devant dépasser les réserves liquides dont ils disposent actuellement », prévient l’institution.

Source : tsa-algerie.com / Zahra Rahmouni

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