Le 19 mars vu de la planète Mars



La planète Mars est si loin qu’elle est synonyme d’étrangeté. Pour nous, cette planète c’est l’Occident, donc l’Europe, donc les USA -qui ont beaucoup aidé les puissances coloniales à bien mater et exterminer tant de peuples-, donc la France, en particulier parce qu’elle a occupé, pillé et fait la guerre à notre pays et à bien d’autres continents entiers.

On peut dire que la France, c’est-à-dire celle des pouvoirs politiques, de Louis XIV à François Hollande, en passant par Napoléon, et non pas celle du peuple français qui, lui aussi, a été ballotté dans ces fameuses guerres françaises et très belliqueuses et a été le symbole même de la guerre.

Le 19 mars vu de Paris, c’est quelque chose d’étrange et de loufoque :

1) Le Parisien Libéré qui comme son nom l’indique est né après la libération de la France du joug allemand, et dont l’équipe était issue des maquis de la résistance ; a « fabriqué » sa Une (Toute la première page !) sur le 19 Mars. Avec ce titre : « L’ALGÉRIE NE SAIT PLUS OU ELLE VA ! »

Et d’argumenter sur tous les problèmes du pays, ritournelle habituelle et fastidieuse :

-Le chômage (Pourquoi, la France n’en a pas ?)

-La démocratie (On sait que la France en détient le monopole absolu, c’est pourquoi elle a créé des camps-bidonvilles à Calais pour y enfermer 6.000 migrants dont l’âge varie entre 70 et un an !)

-La liberté d’expression (La presse algérienne est absolument libre et les artistes aussi ; et j’en suis heureusement l’exemple vivant !)

-La baisse du prix du pétrole (Ce n’est pas l’Algérie qui en est la cause, mais plusieurs produits français ont aussi beaucoup baissé : lait, viande et céréales ; ce qui a fait  descendre les paysans saignés à blanc dans la rue !)

Mais en réalité, ce titre en gras et en rouge a été fabriqué pour les lecteurs de ce quotidien de droite, dont beaucoup de pieds-noirs d’Algérie et beaucoup de revanchards (dont les harkis, collabos indéfectibles et tortionnaires patentés de la guerre d’Algérie) de toutes les guerres perdues par la France ; et pour détourner le sens historique du 19 mars : défaite française, dira l’Histoire. Point.

Le deuxième élément, c’est le discours du président de la République française qui a chanté, en ce jour du 19 mars un requiem à la gloire de toutes les victimes, renvoyant ainsi dos à dos les victimes (algériennes) et les bourreaux (français).

Alléluia !

Source : tsa-algerie.com / Rachid Boudjedra

Laisser un commentaire