Le code electoral adopte sans amendements notables Le «croche-pied» du FLN



Coup de théâtre à l’Assemblée populaire nationale avec le vote, jeudi, des deux projets de loi portant code électoral et Haute instance indépendante de surveillance des élections dans la version gouvernementale ou presque avec seulement de mineurs réaménagements de forme apportés.

Indéniablement, l’empreinte de Ammar Saâdani est dans les deux textes. Et c’est un député du vieux front, Lyès Saâdi pour ne pas le nommer, un habitué des interventions en plénière de l’Assemblée qui, avant-hier, en a fait le terrible aveu ; «c’est le secrétaire général du parti qui nous intime l’ordre d’agir conformément aux textes du gouvernement et nous en tant que militants disciplinés, nous n’avons d’autre choix que de nous y soumettre». Un propos qui venait contredire l’engagement du député en chef du front qui, l’avant-veille, annonçait la disponibilité du FLN à accéder au vœu de l’opposition, celui de reformuler, voire d’annuler carrément les deux articles litigieux du projet de loi portant code électoral, les 73 et 94, instituant aux partis des seuils de voix obtenues lors des derniers scrutins pour prétendre prendre part aux prochaines élections.

En effet, la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’APN, et conformément à la tradition, n’a retenu dans son rapport complémentaire, qu’un amendement, de pure forme encore, sur la centaine proposée. Autrement dit, son rapport complémentaire a repris presque textuellement la version de l’Exécutif. Ce qui a eu pour effet immédiat, la décision de boycott de l’alliance de l’Algérie Verte, du FJD, rejoignant, ainsi, le FFS qui avait, deux jours auparavant, opté pour la bouderie de cette séance de vote. Ne restait en course du côté de l’opposition que les députés du PT qui, fidèles à leur stratégie participationniste, ont mis à profit les nombreux amendements, une trentaine, dont celui donnant le droit aux militaires de voter par procuration, tous inaboutis, qu’ils ont introduits, pour vilipender les deux projets de lois de par le caractère liberticide et de remise en cause du multipartisme qu’ils véhiculent.

Ce qui n’a aucunement gêné outre mesure les députés de l’allégeance qui, dans leur symphonie habituelle, ont adopté les deux projets de lois dans une mécanique bien huilée. Avec au bout, ce commentaire d’un parlementaire du PT qui renseigne on ne peut plus amplement sur l’immense dépit qui s’est emparé de l’opposition, ainsi revenue de ses illusions parlementaires.

Aujourd’hui plus que par le passé, nous avons la preuve des limites, voire de la vanité de l’action parlementaire, affirme-t-il. D’où la lancinante question liée à la probabilité de voir cette même opposition taire ses divergences tactiques et s’entendre enfin, sur un même mot d’ordre, comme par exemple de boycotter ensemble les prochains scrutins. Option que l’on n’exclut pas d’ores et déjà au RCD, au MSP, Nahda, Islah et FJD.

Reste à faire arrimer à cette stratégie le PT et le FFS, visiblement revenus de leurs illusions tactiques de mettre du «mouvement dans le statu quo» que le vieux front avait brandi pour expliquer sa participation aux élections législatives du 10 mai 2012.
M. K.

Lesoirdalgerie.com

Laisser un commentaire