Le comité de soutien au Dr Fekhar alerte la communauté internationale



Dans un courrier adressé aux députés français et à de nombreuses ONG, le comité de soutien au Dr Fekhar et à ses compagnons interpelle de toute urgence la communauté internationale sur le cas du Dr Fekhar qui entame sa 3ème grève et la faim et sûrement la dernière car il en a verbalement donné l’issue : « Cette grève de la faim finira par la liberté ou la mort ». Nous publions ci-dessous, la lettre dans son intégralité.

Comité de soutien au Dr FEKHAR et à ses compagnons

Appel d’urgence !

Objet: Risque imminent de mort du prisonnier d’opinion K. FEKHAR en Algérie

Mesdames et Messieurs les Députés,

Voici maintenant 16 mois que nous tentons par tous les moyens de vous alerter sur la situation effroyable qui prévaut dans le MZAB, cette région berbère du Sud algérien qui a été en proie aux massacres et aux flammes durant l’été 2015. Les prémices de ce drame avaient débuté dès 2013 par des dégradations répétitives des habitations, commerces, cimetières et mausolées mozabites. À ce jour, cette région est encore en état d’urgence, officiellement pour y assurer une sécurité qui ne s’est jamais traduite dans les actes, cependant, les arrestations arbitraires et les rafles de Mozabites se poursuivent.

Kameleddine FEKHAR, médecin de profession et militant des droits de l’Homme a oeuvré sans relâche avec pacifisme et abnégation pour faire entendre la voix et la souffrance des Mozabites, peuple autochtone amazigh (berbère). Mais, le régime algérien ne lui a pas pardonné les alertes émises dans le but d’alerter l’opinion internationale, et c’est notamment la lettre de détresse envoyée à l’ONU (à l’intention de Mr Ban Ki-moon) qui a scellé son sort.

Ainsi, le 09 juillet 2015, K. FEKHAR est arrêté avec ses camarades.Depuis, il subit la prison dans des conditions inhumaines et enchaine les grèves de la faim. Aussi, nous vous informons que parmi les détenus arrêtés avec K. FEKHAR, deux d’entre eux sont décédés en prison des suites de mauvais traitements et de non-assistance à personne en danger. En effet, le quotidien des détenus d’opinion mozabites est fait de tortures psychologiques, de mauvais traitements et de non-respect de la dignité humaine. Malheureusement, les simulacres de procès ainsi que les dossiers à charge montés de toute pièce brisent l’espoir qu’une justice impartiale puisse être rendue.

C’est dans ce contexte que nous nous sommes regroupés en « Comité de soutien » pour relayer cette situation désastreuse et tragique à travers des communiqués, marches et rassemblements, et par des rencontres avec diverses personnalités, instances et organisations.

Ainsi, suite à l’arrestation de K. FEKHAR et ses compagnons, plusieurs organisations berbères (dont la nôtre) ont interpelé les ONG internationales de défense des Droits de l’Homme, le CICR, le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies (à plusieurs reprises), etc., ainsi que plusieurs Députés, mais sans jamais aboutir à une issue salvatrice. Quelques Députés de France ont ainsi tenté d’agir en alertant l’opinion nationale et internationale, en posant des questions au gouvernement français ou en interpelant le Ministre des Affaires étrangères. C’est le cas de Madame Valérie BOYER et de Messieurs Noël MAMERE et Erwann BINET. Le président d’honneur de la LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Michel Tubiana, est également intervenu sur ce dossier.

Aujourd’hui, nous avons absolument besoin de votre aide : le Dr K. FEKHAR est en danger de mort. Depuis le 09 novembre 2016, il a entamé sa 3ième et ultime grève de la faim. En désespoir de cause, mais déterminé, il en a verbalement donné l’issue : « Cette grève de la faim finira par la liberté ou la mort ».

À l’isolement, malade, privé de soins et de droit de visite, ne disposant même pas d’une couverture, l’issue fatale pourrait être une question d’heures. En outre, son avocat Maître Salah Dabouz étant sous contrôle judiciaire, faisant l’objet de pressions et d’intimidations et n’ayant pas accès aux informations sur son client, K. FEKHAR est ainsi dépourvu de moyens de défense adéquats.

Il est important de rappeler que l’Algérie a ratifié toutes les conventions internationales en matière de Droits de l’Homme et qu’aucune preuve à charge n’existe contre K. FEKHAR. Abandonner le Dr FEKHAR et ses compagnons, c’est renoncer aux valeurs qui nous unissent et qui forment le patrimoine commun de l’humanité, à savoir : la liberté, la solidarité, le respect de la vie humaine et la justice.

Nous sollicitons votre aide de toute urgence et nous vous demandons d’agir auprès du gouvernement français et de Monsieur Hollande afin d’appeler l’État algérien à la raison et de l’enjoindre à respecter ses engagements en matière de droits fondamentaux et de respect de la dignité humaine.

En cas de nécessité, nous mettrons à votre disposition un dossier complet relatant les évènements du Mzab (photos, vidéos, témoignages, dossier de presse). Nous sommes à votre disposition pour toute information complémentaire. Pour cela, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse électronique mentionnée ci-dessous ou par l’intermédiaire du numéro de téléphone également signalé.

Plaçant nos espoirs en vous et comptant sur votre aide et votre humanité, nous vous prions d’agréer, Messieurs et Mesdames les Députés, l’expression de nos sentiments distingués.

Paris, le 28 novembre 2016

Le Comité de soutien au Dr Fekhar et à ses compagnons

Courriel : comitesoutienfekhar@gmail.com

Source : tamurt.info

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