Le directeur du quotidien « Liberté » tire la sonnette d’alarme



Dans un entretien à El Watan, Abrous Outoudert, le directeur de Liberté, confie que son journal ne reçoit plus les publicités de nombreux annonceurs habituels.

Contraints et forcés par le tarissement de la manne publicitaire, El Watan et Liberté ont augmenté leur prix en kiosque. Mais cela ne suffira pas pour arrêter les pertes financières des deux quotidiens. Abrous Outoudert explique qu’ »un quotidien, pour être viable, doit avoir un tirage de 50 000 exemplaires et au moins 6 pages de publicité. Ce qui n’est pas le cas actuellement puisque depuis plusieurs mois, nous fonctionnons avec deux pages de petites annonces. »

On sait que l’étouffement à doses feutrées s’est organisé autour de certains titres depuis quelques années. Le directeur explique que « l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) a décidé, de manière unilatérale, de rompre le contrat qui la lie à Liberté ». Ce qui de fil en aiguille ferme les portes d’éventuelles pages de pub institutionnelle. Une manne non négligeable outre mesure. Mais le pouvoir en place ne se contente pas de fermer les vannes de la pub des entreprises publiques. Même les grandes entreprises privées ne le font plus par crainte d’attirer les foudres du pouvoir. C’est la mort à petit feu.

Plus que cela, des annonceurs privés qui nous donnaient de la publicité se sont retirés parce que des « donneurs d’ordre » ont agi dans l’ombre », confie le directeur de Liberté.

Abrous Outoudert, qui pointe aussi la concurrence des sites en ligne et des réseaux sociaux, a soulevé l’éventualité d’une presse en ligne payante. Car estime-t-il c’est « une niche très importante se présente à nous. Il s’agit du recours au e-paiement de sorte à ce que celui qui lit le journal en ligne paye. »

Un fonds d’aide à la presse existe bien en Algérie comme dans bien des pays moderne. Mais le fonctionnement de celui-ci brille par son opacité.

« Le fonds d’aide existe et il doit être mis à la disposition des professionnels de la presse de manière transparente. Il doit être mis à contribution pour consolider les statuts des travailleurs de la presse, qu’ils soient journalistes, photographes ou techniciens. Ce fonds doit être utilisé également pour exporter la presse algérienne à l’étranger », demande le patron de Liberté.

Est-ce le cas ? Peu sûr dans un secteur où le ministre de la Communication, par ailleurs ancien employé de Liberté, verrouille tout et fait taire toute critique des tenants du pouvoir et de son secteur. Jusqu’à quand ? Verra-t-on des titres subire le sort du quotidien Le Matin ?

La rédaction

Source : lematindz.net

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