Le forcing tardif de Barack Obama sur Israël !



Sans aucun doute, le 23 décembre 2016 a été une journée noire pour le gouvernement israélien. En effet, la résolution 2334 adoptée à l’ONU par 14 voix et la seule abstention américaine fut une gifle pour Benyamin Nétanyahou et sa politique injuste des colonies dans le territoire occupé.

En froid avec Barack Obama, ce dernier y entrevoit même un signe d’abandon intentionnel de la part de l’administration démocrate à seulement quelques semaines de son départ de la Maison-Blanche. Les choses n’en sont pas restées là, d’autant que le secrétaire d’Etat, John Kerry, aurait, pour enfoncer le clou, défendu lors de son discours du 28 décembre dernier cette position étasunienne jusque-là inédite. Ce qui laisse entendre qu’aucune autre alternative n’est envisageable, du moins dans la conception du camp démocrate, pour mettre un terme à ce foyer de tension régional. Il va de soi que le non recours au veto de la part de la représentation américaine au Conseil de sécurité a été, en quelque sorte, un douloureux « forcing » sur la Knesset afin qu’elle change la dynamique de sa stratégie. Obama et Nétanyahou qui entretenaient des relations tumultueuses depuis pratiquement 7 ans scellent ici leur divergence de points de vues.

Rappelons bien qu’en 2009 déjà, le président américain aurait désigné l’ancien sénateur, George Mitchel, un des auteurs du rapport international sur les raisons de la seconde Intifada, comme envoyé spécial au Proche-Orient. Un coup de poignard dans le dos de Nétanyahou dans la mesure où Mitchel prône le gel immédiat des colonies et la reconnaissance de l’Etat palestinien. Quelques mois plus tard, Obama prononce, à la surprise générale, son fameux discours du Caire tendant la main au monde Musulman et préconisant «une solution à deux Etats» dans le conflit israélo-palestinien. Un coup de grâce pour le chef du Likoud, peu certain de convaincre la communauté internationale de la justesse de ses positions bellicistes. Dès lors, le bras de fer entre les deux dirigeants ne cesse de ponctuer l’actualité de ces deux pays, alliés traditionnels.

En 2012, le Premier ministre israélien a dû même, ce fut d’ailleurs une première, prendre partie pour Mitt Romney, l’adversaire républicain du camp démocrate pour s’en venger. Et puis, invité aux Etats-Unis sans l’accord du Bureau ovale en 2015 par John Boehner, «le speaker» républicain à la chambre des représentants pour s’exprimer sur les négociations entre les grandes puissances et l’Iran concernant le programme du nucléaire de Téhéran, Nétanyahou n’y est pas allé de main morte pour critiquer la ligne diplomatique suivie par Obama au Proche-Orient. Et pour couronner le tout, le leader israélien aurait ordonné à son représentant de voter, juste une semaine avant la résolution sur les colonies, contre l’ouverture d’une enquête sur les crimes d’Al-Assad en Syrie dans l’intention de s’approcher de Vladimir Poutine ! Ce qui aurait joué rapidement peut-être en sa défaveur. L’administration démocrate ayant pourtant pris un certain recul par rapport aux questions du Moyen-Orient ne conçoit pas tout de même qu’un allié stratégique comme Israël soit de connivence avec la Russie et Al-Assad sur un problème aussi sensible que Alep!

De manière assez lucide mais tout aussi brutale, les démocrates laissent là aussi une autre bombe à retardement dans un terrain déjà miné à Donald Trump. Lequel aura beaucoup à faire pour ne pas buter sur un mur, surtout avec cet élan « impérial » pris par la Russie de Poutine.

Kamal Guerroua

Source : lematindz.net

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