Le «groupe de Tarnac» n’est pas «terroriste»



FranceLa Cour d’appel de Paris a elle aussi rejeté la qualification réclamée par le Parquet.

Le feuilleton de «l’affaire Tarnac» a connu un énième épisode mardi. La Cour d’appel de Paris a en effet rejeté à son tour le caractère «terroriste» de tentatives de sabotage de lignes TGV en octobre 2008 et dont la responsabilité est attribuée à des anarchistes établis à l’époque dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Elle confirme ainsi la décision d’une juge d’instruction qui avait poursuivi l’été dernier Julien Coupat et deux de ses proches pour «association de malfaiteurs» mais n’avait pas retenu la dimension «terroriste» des actions. Une qualification réclamée par le Parquet, qui avait fait appel de la décision.

L’avocate de Julien Coupat, Marie Dosé, s’est réjouie de ce rejet, qu’elle qualifie de «désaveu total pour le Parquet après sept années d’acharnement». «Une page est tournée, celle de la qualification terroriste. La seconde est celle de la culpabilité, nous espérons obtenir la relaxe», a encore affirmé Me Marie Dosé.

Politisation à outrance

Cette affaire mal ficelée, qui défraie la chronique depuis près de huit ans, avait été politisée à outrance rapidement après les faits. La ministre de l’Intérieur d’alors, Michèle Alliot-Marie, avait en effet annoncé en novembre 2008 l’arrestation de vingt personnes «appartenant à l’ultragauche, mouvance anarco-autonome», accusées d’avoir mené une série d’actes de sabotage contre des lignes de TGV.

Le procureur avait enchaîné en inculpant les jeunes gens – dont une Genevoise, innocentée par la suite – pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Pour cela, le Parquet de Paris s’était appuyé sur un pamphlet devenu célèbre depuis, «L’insurrection qui vient», signé par le Comité invisible. Sa rédaction était attribuée par les autorités à Julien Coupat, qui a toujours nié en être l’auteur.

Rapidement aussi, l’opposition socialiste et Verte avait attaqué le gouvernement en estimant que les proches du président Sarkozy enflaient cette affaire à des fins politiques. Alors député de Corrèze, François Hollande avait ainsi affirmé que le gouvernement inventait «un terrorisme qui n’existe pas».

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Gustavo Kuhn

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