Le jour où Neymar est devenu algérien…



En 2010, l’Algérie a été informée de l’arrivée imminente d’un prodige évoluant au FC Santos au Brésil. D’origine algérienne, il doit renforcer les Fennecs en Afrique du Sud. Son nom : Neymar. Explications.

Neymar sous le maillot de l’Algérie, ce n’est pas une blague mais une véritable information. En 2010, le prodige était pressenti pour disputer sa première Coupe du monde avec le pays d’origine de son père à en croire le quotidien sportif algérien, Le Buteur, dans son édition du 18 mars 2010.

Sur le terrain, dans le 3-5-2 du vénérable Rabah Saadane, il devait être associé à Abdelkader Ghezzal, le frère aîné de Rachid, l’attaquant lyonnais. Hystérisée, avant le Mondial 2010 en Afrique du Sud, par la recherche de la nouvelle star aux origines algériennes, la presse locale s’est fait dribbler en beauté par un gros canular.

Il faut dire que le contexte s’y prêtait particulièrement. Sous pression après une défaite à domicile en amical face à la Serbie (3-0), Rabah Saadane, le sélectionneur, sacrifie sept joueurs du groupe qui ont participé à la campagne des éliminatoires au Mondial 2010. Pour éviter l’humiliation promise… ou du moins dans son esprit pour limiter la casse.

La chasse aux binationaux battait son plein

Après cette contre-performance, il ouvre les portes de la sélection à tout ce qui peut se réclamer d’une forme d’algérianité. Après Mourad Meghni et Hassen Yebda, champions du monde avec la France en moins de 17 ans en 2001, le coach se tourne vers Medhi Lacen avant de courtiser à tout-va : Adlène Guedioura (Wolverhampton), Ryad Boudebouz (Sochaux), Habib Bellaïd (Boulogne-sur-Mer), Djamel Mesbah (Lecce), Carl Medjani (Lorient) ou Raïs Mbolhi (Levski Sofia). En somme, la chasse aux binationaux battait son plein. Evidemment, pour des raisons historiques, c’est le réservoir franco-algérien qui a fourni l’essentiel du contingent. Mais pour élargir les horizons de la DTN, le pays aux 40 millions de sélectionneurs passionnés, peut compter sur une presse dévouée qui se transforme en alliée de circonstance. Comment en est-on arrivé à ce que Neymar soit considéré comme un futur joueur de la sélection algérienne, un pays où il n’a jamais mis les pieds…

Malheureusement, Neymar était aussi suivi par le Brésil, son autre pays…

Tout est parti d’un forum de supporters où un certain Diegol (son pseudo) s’est amusé à modifier la page wikipedia de Neymar en ajoutant que son père était algérien et que Rabah Saadane s’apprêtait à le convoquer avec El-Khedra. Une énormité aux conséquences burlesques qui va provoquer un gros buzz. C’est ainsi qu’on pouvait lire dès le lendemain en page 3 à propos de cette perle algéro-brésilienne : «Rabah Saâdane, compte lui adresser une convocation en prévision du prochain stage qui aura lieu en Italie (Coverciano). Il entend profiter du match amical international programmé face à l’Irlande, le 29 mai prochain, pour mieux s’arrêter sur les qualités techniques et physiques de Neymar da Silva. Une aubaine pour ce jeune joueur de démontrer sa valeur et convaincre le staff technique national.» Un brin lucide, on n’oublie pas de rajouter qu’il intéresse également le Brésil (sait-on jamais…). Une information prise très au sérieux par Al-Jazeera Sport qui finit par la relayer sur tout son bouquet… In fine, aucun démenti dans les jours qui suivent. L’histoire fera en revanche beaucoup rire. C’est presque l’essentiel. Quant aux Algériens, même s’ils ne sont pas au niveau de Neymar, ils ont quelques joueurs capables comme l’ex-algéro-brésilien, de lever un stade sur un geste (Mahrez, Brahimi, Boudebouz…).

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