Le Maroc demande officiellement à intégrer l’Union africaine



Le Maroc a officiellement demandé à intégrer l’Union africaine (UA) vendredi 23 septembre. Cette demande a été faite par le conseiller royal Tayeb Fassi-Fihri, qui a rencontré la présidente sud-africaine de la commission de l’UA Nkosazana Dlamini-Zuma en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

Une lettre d’intention a été remise à la présidente et déposée au siège de l’organisation, à Addis Abeba, rapporte RFI. L’intégration du Maroc doit être validée par un vote au sein de la Commission de l’UA.

En 1984, le Maroc avait quitté l’Organisation de l’Union Africaine (OUA), prédécesseur de l’UA et dont le pays était un membre fondateur. Le roi Hassan II avait ainsi manifesté son opposition à la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par l’Organisation, reconnaissance qu’il estimait comme contraire au principe de non-ingérence.

Depuis 2013, le Maroc a pris un nouveau tournant diplomatique et s’est rapproché économiquement et politiquement des pays du Sud et de l’Afrique de l’Ouest. L’un des objectifs de cette stratégie est d’engranger des soutiens à son projet de « large autonomie » pour le Sahara occidental.

En juillet dernier, le Maroc avait annoncé sa volonté d’intégrer l’UA.

Vingt-huit pays membres avaient ensuite adressé au président de l’UA, Driss Déby, une motion visant à suspendre la RASD : le Benin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cap Vert, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Érythrée, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée-Equatoriale, le Libéria, la Libye, la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, Sao Tomé, le Sénégal, les Seychelles, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Swaziland, le Togo et la Zambie. Mais la RASD peut compter sur des soutiens de poids, notamment les deux géants de l’UA, l’Algérie et l’Afrique du Sud.

Le Maroc compte « acter son intention de rejoindre l’UA en la minant de l’intérieur », en la divisant en « deux blocs rivaux sur la question », prévient un spécialiste des questions diplomatiques.

Le roi avait bien affirmé cet été : « Après réflexion, il nous est apparu évident que, quand un corps est malade, il est mieux soigné de l’intérieur que de l’extérieur », rapportait Le Monde, qualifiant d’ « erreur historique » la position de l’UA relativement au Sahara occidental.

En juillet, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait affirmé que le Maroc devait « se soumettre au pacte constitutif de l’Union africaine s’il souhait(ait) intégrer cette organisation », ajoutant : « La RASD est un membre fondateur de l’organisation et l’intégration de l’UA obéit à des mesures bien précises auxquelles le Maroc doit se soumettre ».

L’Acte constitutif de l’Union ne prévoit en effet pas l’exclusion d’un État qui, comme la RASD, en est membre depuis sa création. Une possibilité, explique RFI, consiste en une modification du texte fondateur de l’Union, qui peut être adoptée par consensus des chefs d’États membres à la majorité des deux-tiers, soit 36 États.

Source : tsa-algerie.com / Sarah Smaïl

Laisser un commentaire