Le Maroc et le Nigeria discutent du lancement d’un gazoduc ouest-africain vers l’Europe



Le Maroc et le Nigeria discutent d’un important projet d’extension d’un gazoduc traversant l’Afrique de l’Ouest pour acheminer du gaz vers l’Europe, a-t-on appris de sources concordantes samedi.

C’est un projet gazier sans précédent pour l’Afrique. Un gazoduc à plusieurs milliards de dollars, acheminera du gaz à partir du Nigeria pour relier l’Europe en passant par le Maroc. Le ministre des Affaires étrangères nigerian, Geoffrey Onyeama, a affirmé qu’un projet d’extension d’un gazoduc transafricain qui ira du Nigeria au Maroc et finalement jusqu’en l’Europe, était en discussion, dans une vidéo publiée sur le compte Twitter de la présidence nigériane.

« C’est un projet très important pour nous », a ajouté M. Onyeama, sans fournir davantage de précisions. La construction du plus grand gazoduc d’Afrique de l’Ouest reliant les zones gazières du sud du Nigeria aux marchés consommateurs d’énergie de la côte ouest-africaine – Bénin, Togo, Ghana – avait démarré en 2005 et l’acheminement du gaz a commencé cinq ans plus tard.

Le tracé probable du pipeline.

Selon la presse marocaine, le projet d’extension jusqu’au Maroc et l’Europe était au coeur de la rencontre entre les deux chefs d’Etat. Le site Economie-Entreprise parle d’un projet très ambitieux estimé à plusieurs milliards de dollars, affirmant que Rabat et Abuja devaient signer prochainement un mémorandum d’entente pour la construction du gazoduc.

L’Algérie avait entamé en 2002 des négociations avec le gouvernement nigérian en vue d’un projet similaire à travers le Sahel. Mais il n’a pas pu se faire. Le Maroc a repris l’idée et si le projet se réalise, il est certain que ce gazoduc sera un sérieux concurrent pour l’Algérie qui alimente l’Europe aussi avec ses deux gazoducs.

Il faut cependant relativiser les capacités du Nigeria qui accuse une crise économique et politique sévère. Le potentiel gazier du Nigeria – déjà un important producteur de brut – est certes immense, avec les premières réserves prouvées en gaz naturel d’Afrique et les septièmes mondiales. Mais le delta du Niger (sud), d’où provient le gaz, est le théâtre de violences perpétrées par des groupes armés s’en prenant régulièrementet aux oléoducs pour réclamer un meilleur partage des ressources, qui ont fait chuter la production de gaz et de pétrole en 2016.

La rédaction avec AFP

Source : lematindz.net

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