Le PDG de Total contre une loi sur les hauts salaires



FranceLégiférer sur la rémunération des patrons en France entraînerait des délocalisations de sièges sociaux, a mis en garde mercredi Patrick Pouyanné.

Le PDG de Total appelle les dirigeants d’entreprises à faire preuve de «bon sens» en acceptant l’avis de leurs actionnaires sur leur salaire.

Depuis 2014, les salaires des dirigeants d’entreprise en France sont soumis au vote consultatif des actionnaires, mais le président de la République François Hollande a menacé mardi de légiférer sur leur rémunération au nom de l’«exigence morale». Il proposait de rendre contraignantes les décisions des assemblées générales, après les polémiques sur les salaires des patrons de Renault et PSA.

«Si des lois de cette nature sont prises, les sièges quitteront la France. Ce n’est pas une menace, c’est juste ce qui va se passer», a prévenu le PDG de Total lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat. «Ce n’est pas la peine de légiférer sur des sujets qui feront que le pays, une fois de plus, se mettrait en marge du mouvement mondial», a-t-il insisté.

Pour Patrick Pouyanné, la balle est dans le camp des patrons. «Pour moi, que ce soit consultatif ou pas consultatif, une assemblée générale se prononce, on doit l’écouter. C’est une question de démocratie actionnariale. Quelles qu’elles soient, les raisons sont bonnes ou pas bonnes, mais on doit l’écouter», a-t-il déclaré.

Demande de révisions

«J’en ai fait part d’ailleurs à mes collègues du CAC 40, j’ai donné ma position et si l’assemblée générale de Total disait non aux éléments que le conseil d’administration propose pour Patrick Pouyanné, je demanderais au conseil d’administration de les réviser. Je pense que c’est juste et qu’on n’a pas besoin d’une loi pour nous l’imposer», a-t-il poursuivi.

Au titre de 2015, le patron de Total a perçu un salaire fixe de 1,2 million d’euros (1,3 million de francs), auquel s’ajoute une part variable de 1,8 million d’euros (hors attribution d’actions de performance).

Pour rappel, le conseil d’administration de Renault était passé début mai outre le vote consultatif des actionnaires, dont l’Etat détenteur de 20% de l’ex-régie nationale, qui s’étaient prononcés contre la rémunération de 7,251 millions d’euros du PDG Carlos Ghosn.

Le dirigeant de PSA Carlos Tavares, arrivé à la tête de l’entreprise automobile en difficulté PSA début 2014, avait lui reçu au titre de 2015 un salaire de 5,24 millions d’euros, contre 2,75 millions en 2014. (ats/nxp)

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