Le pétrole finit en forte baisse à New York, à 51,96 dollars le baril



Les cours pétroliers ont fortement baissé lundi, le marché se laissant envahir par la crainte d’une offre élevée chez différents pays producteurs, même si certains observateurs jugeaient ce repli accentué par des considérations techniques.

Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, a perdu 2,03 dollars à 51,96 dollars sur le contrat pour livraison en février au New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord a cédé 2,16 dollars à 54,94 dollars sur le contrat pour livraison en mars à l’Intercontinental Exchange (ICE).

« Une certaine incertitude règne sur la capacité des pays producteurs à mettre en oeuvre des baisses de production », a mis en avant Gene McGillian, de Tradition Energy, en référence aux pactes conclus fin 2016 par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Le cartel a fait entrer en vigueur le 1er janvier deux accords, l’un en son sein et l’autre avec des pays extérieurs comme la Russie, pour réduire la production générale, mais des doutes demeurent sur leur concrétisation, faute de données concrètes avant la fin du mois.

En conséquence, les cours, qui avaient profité ces dernières semaines de ces accords, ont pâti lundi d’éléments défavorables venus du cartel. En premier lieu, « on a pris connaissance de chiffres élevés sur les exportations irakiennes », notamment du terminal de Bassorah dans le Sud, a rapporté M. Yawger. Certes, ces chiffres remontent à décembre, mais ils font craindre un manque de volonté de l’Irak, à qui les accords de l’Opep imposent une forte baisse de production alors qu’il avait semblé traîner des pieds lors des négociations.

« Parmi les pays qui se sont engagés à réduire leur production, l’Irak pourrait être le premier à excéder ces quotas dès le début », a expliqué M. Yawger. « C’est vraiment ce qui inquiète le marché. » Les observateurs s’inquiétaient aussi des intentions de l’Iran, même s’il est exempté de réduire sa production après avoir fait son retour l’an dernier sur le marché mondial à la suite de la levée de sanctions, car des articles de presse ont fait état de ventes élevées à l’international le mois dernier. « De plus, ce qui commence à faire consensus, c’est que la production va augmenter aux Etats-Unis, comme en témoigne l’accélération des forages depuis six mois », a ajouté M. McGillian.

Selon un décompte établi chaque vendredi par le groupe Baker Hughes, le nombre de puits en activité aux Etats-Unis a encore augmenté la semaine dernière, laissant craindre que les producteurs américains profitent de la place laissée par l’Opep et les autres signataires des accords de baisse de l’offre.

Bons signes

Reste que « le marché continue à se maintenir entre 50 et 55 dollars », a relativisé M. McGillian. Plusieurs analystes avançaient que le repli de lundi obéissait largement à des raisons techniques, les investisseurs évitant de pousser leur avantage après un bond des cours au plus haut depuis un an et demi.

« Il faut garder à l’esprit que c’est un marché sur lequel il y a eu beaucoup de paris à la hausse », ce qui l’expose à des replis dès que le ton de l’actualité apparaît moins favorable, a remarqué M. Yawger. De fait, parallèlement aux mauvaises nouvelles de l’Irak ou de l’Iran, d’autres pays producteurs ont envoyé des signaux a priori positifs, sans que le marché paraisse y réagir.

« Le marché ne réagit plus à des annonces de baisse de production chez des pays de la péninsule arabique », notamment l’Arabie saoudite et le Koweït, a souligné dans une note Tim Evans, de Citi, citant aussi des annonces semblables en Russie.

« Beaucoup d’acteurs du marché sont déjà passés à l’achat dans l’idée que le marché allait se rééquilibrer et les prix monter » et risquent donc de mettre fin à ces spéculations en repassant à la vente quand bien même les accords seraient bien respectés, a-t-il conclu.

AFP

Source : lematindz.net

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