Le président panaméen s’oppose à la France



«Panama Papers»François Hollande a décidé de réinscrire l’Etat américain sur la liste des paradis fiscaux suite aux révélations.

La décision de la France de réinscrire le Panama sur sa liste des paradis fiscaux est «erronée» et «non nécessaire», a déclaré vendredi le président du Panama Juan Carlos Varela. Selon lui, le gouvernement panaméen s’est «engagé à la transparence».

«Je veux qu’il soit bien clair que la décision prise par le gouvernement français est une mesure erronée et non nécessaire, encore plus à un moment où existe une communication entre les deux chefs d’Etat et où le monde demande la coopération multilatérale de tous les pays pour affronter des problèmes mondiaux», a déclaré en substance le président panaméen devant des journalistes.

«Le Panama réaffirme son engagement à la transparence et, surtout, à continuer à lutter avec tous les pays pour arriver, par la coopération et la diplomatie, aux résultats recherchés», a ajouté Juan Carlos Varela.

Décision de Paris

Ses déclarations interviennent après l’annonce de la France, vendredi, de la réinscription du Panama sur sa liste des paradis fiscaux suite aux révélations faites dans le cadre du scandale des «Panama Papers». Paris a argué que cet Etat ne transmettait toujours pas les renseignements nécessaires à l’application de la législation.

La France avait retiré le Panama de sa liste de territoires non-coopératifs le 1er janvier 2012, après la signature d’une convention avec les autorités panaméennes sur la lutte contre l’évasion fiscale. La décision de Paris de réinscrire le Panama parmi les paradis fiscaux doit prendre effet en janvier prochain.

Pas de mesure de rétorsion

Le président Varela a exclu pour le moment l’adoption par le Panama de mesures de rétorsion contre la France à la suite de sa décision de vendredi. Le dialogue, a-t-il dit, «est le premier mécanisme que l’on doit utiliser et dont on doit épuiser tous les ressorts».

Le président panaméen a assuré que son pays «va procéder» à l’échange d’informations prévu avec la trentaine de pays avec lesquels il a des traités pour éviter la double imposition. Mais il a averti qu’il ne permettrait pas que son gouvernement traite ces questions bilatérales «sous une quelconque forme de pression».

Juan Carlos Varela a annoncé la visite mardi prochain à Paris du ministre panaméen de l’Economie et des Finances, Dulcidio de la Guardia, qui doit présenter une position panaméenne «digne, respectueuse et ouverte au dialogue». Il doit aussi assurer que «le chemin que le Panama a choisi, celui de la lutte pour la transparence dans le pays, la région et dans le monde, est un chemin irréversible». (afp/nxp)

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