Le raid sur l’hôpital de MSF n’est pas un crime de guerre



AfghanistanWashington (ats/reu) Le bombardement par l’aviation américaine d’un hôpital tenu par Médecins sans frontières (MSF) à Kunduz, l’an dernier en Afghanistan, n’est pas assimilable à un crime de guerre.

Quarante-deux personnes ont été tuées et 37 autres blessées dans la destruction de l’établissement le 3 octobre dernier dans la ville du nord de l’Afghanistan.

Vendredi, le Pentagone a présenté un rapport d’enquête militaire.

«L’enquête a conclu que certains membres du personnel n’avaient pas respecté les règles de l’engagement et le droit des conflits armés. Cependant, l’enquête n’en conclut pas que ces manquements constituent un crime de guerre», a déclaré à la presse le général Joseph Votel, commandant de l’US Central Command, le Commandement central américain qui couvre notamment le Moyen-Orient.

L’officier a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un crime de guerre, car aucun militaire ne savait qu’un hôpital était visé. Selon les conclusions de l’enquête, l’incident a été causé par des «erreurs humaines non intentionnelles, des erreurs de procédure et des défauts d’équipement».

Le rapport ajoute la fatigue et «un rythme élevé d’opérations» comme autres facteurs explicatifs.

Pas de réaction de MSF

Le général Votel a déclaré que des indemnités avaient été versées à 170 individus et familles, à raison de 6000 dollars par personne tuée et 3000 dollars par blessé, et qu’une somme de 5,7 millions de dollars avait été approuvée pour reconstruire l’hôpital de MSF.

Jeudi, à la veille de la publication du rapport, le gouvernement américain avait fait savoir que seize militaires, dont un général, avaient écopé de sanctions disciplinaires, allant de la suspension à des lettres de réprimande. Cinq d’entre eux, qui sont revenus aux Etats-Unis, font l’objet d’investigations menées par le général Votel.

MSF n’a pas réagi dans l’immédiat à la publication de ce rapport. L’organisation a réclamé par le passé une enquête indépendante et douté que les raids sur son hôpital aient été une erreur.

«L’attaque a eu lieu malgré le fait que MSF ait fourni les coordonnées GPS de l’hôpital à la coalition et aux autorités militaires et civiles afghanes, pas plus tard que le jeudi 29 septembre. L’attaque s’est poursuivie plus de 30 minutes après que nous avons alerté les autorités militaires américaines et afghanes à Kaboul et à Washington que l’hôpital était frappé», avait déclaré l’ONG en décembre dernier. (ats/nxp)

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