L’écriture : Une aventure individuelle. Par Hammar Boussad.



Certes, la littérature fait partie intégrante de la culture mais l’écriture reste une aventure individuelle qui diffère totalement de la culture. L’écrivain digne de ce nom obéit à des critères spécifiques que je peux résumer par ce triptyque : liberté, vérité et objectivité. Le véritable écrivain s’astreint à une discipline de fer pour respecter ces principes directeurs qui peuvent lui valoir succès et reconnaissance de la part de ses pairs et de ses lecteurs. Néanmoins, il peut mourir seul dans une société corrompue, dépourvue de valeurs. De grands hommes à l’instar de Galilée, ont connu ce triste sort.

Par contre, la culture est un bien commun partagé par un ensemble d’êtres humains. Il englobe les traditions, les rites, les usages, les valeurs, les relations sociales et tous les travaux d’intérêt général effectués par un groupe de citoyens au service de la communauté. Ce genre d’étude est pris en charge par les sociologues comme l’illustre Ibn Kheldoun par exemple.

La culture s’accommode de toutes sortes de compromis pour arriver à ses fins. Ses partisans utilisent toutes sortes de subterfuges peu orthodoxes et déloyaux comme la dictature, les mensonges, l’hypocrisie…L’essentiel est de maintenir un semblant de cohésion sociale.

Les écrivains notamment les romanciers et les nouvellistes, s’intéressent généralement à des cas particuliers susceptibles de nourrir leur imaginaire en sortant justement de l’ordinaire par rapport aux autres citoyens, partisans du  conformisme pour plaire au pouvoir ou au modèle de société préfabriqué.

Ces hommes ou ces femmes peuvent être bons ou mauvais, riches ou pauvres, bêtes ou intelligents, instruits ou illettrés, connus ou inconnus, l’essentiel est qu’ils apportent de la fantaisie, de l’authenticité, de l’originalité, du rêve…

Ces individus sont tous différents les uns des autres dans leurs faits et gestes, leurs actions et réactions, leur sensibilité, leur personnalité…

C’est le cas de Mhend Ameghbun, mon personnage humble, invisible et anonyme. Ses problèmes ne sont pas d’ordre culturel. Il vit seul et intensément ses tourments, sans le secours de personne. Pourtant, jadis l’entraide et la solidarité faisaient partie du patrimoine culturel. Mhend souffre trop dans son for intérieur pour penser aux problèmes culturels. La culture pour lui est un luxe comme la viande, la banane, l’ordinateur, le téléphone portable…

Il cherche seulement un peu de pain, un peu de lait, un peu de paix, de compréhension et de réconfort. Il veut juste dormir un jour profondément en oubliant ses soucis et faire un beau rêve au lieu des cauchemars habituels.

Par Hammar Boussad.

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