La légende de Lala Khlidja selon Dda Muhend Umenic



Tout le monde connait le mont de Lala Khlidja, le plus haut sommet en Kabylie (2308m), troisième plus haut sommet d’Algérie après le mont Tahat (3003m) et le mont de Chélia (2328m). Mais, très peu de gens savent pourquoi il porte le nom d’une femme qui doit être surement brave et valeureuse pour mériter cet honneur grandiose.

Qui est Lala Khlidja ?

Difficile de répondre à cette question car aucun livre ne parle d’elle et tous les gens de sa génération sont morts depuis très longtemps sans laisser la moindre trace écrite, filmée ou enregistrée.

J’ai eu la chance de rencontrer par hasard lors d’une randonnée à Lala khlidja, un forestier qui a bien voulu nous parler avec gentillesse et passion de cette mystérieuses femme qui continue d’intriguer les chercheurs, les historiens et toutes les gens avides de culture. Je vous invite à lire le témoignage de M.Muhend Umenic, du village d’Iberbaren, commune de Saharidj, daira de Mechdellah.

« Lala Khlidja était déjà orpheline de mère alors qu’elle était très jeune. Elle vivait avec son père et sa marâtre au village d’Ibehlal. Elle s’absentait souvent de la maison. Inquiète, sa marâtre ne cesse d’interpeller son mari sur ses absences répétées et injustifiées. Elle le presse de réagir afin d’éviter le déshonneur, en la tuant ou en l’enfermant à la maison.

Après une enquête auprès des villageois, beaucoup de voix concordantes affirment l’avoir vue se diriger à maintes reprises en direction de la montagne. Le père questionne sa fille avec insistance et fermeté. Elle finit par avouer : -« Chaque jour, je dois aller à Tamgut, au sommet de la montagne, pour faire la prière du Thur. Là-bas, je me sens proche de Dieu. Chaque jour, sa voix irrésistible qui vient du fond de mon cœur, me chuchote à l’oreille :  -« Va ma fille jusqu’au sommet de la montagne prier ton bon Dieu. N’aie pas peur de rien, je serai toujours là pour te protéger. »

Comprenant qu’il à affaire à des esprits surnaturels et spirituels qu’il ne serait pas sage de contrarier pour éviter les foudres de la malédiction, le père se tait et tolère les sorties de sa fille malgré les médisances des villageois.

Un jour, Lala Khlidja rencontre Si Belkacem, un citoyen d’Ibehlal. Lui aussi est hanté par les esprits. Ils se marient mais ils n’auront pas de progéniture. Si Belkacem est jaloux des pouvoirs spirituels et du charisme de son épouse qui lui fait de l’ombre. Elle est vénérée par des citoyens de plus en plus nombreux à venir des quatre coins de la Kabylie, implorer sa bénédiction, pour se marier, avoir des enfants, de la chance, de la prospérité, guérir d’une maladie incurable, éloigner le mauvais sort et la malédiction…

Juste avant sa mort, Si Belkacem reconnait la suprématie de sa femme. Il l’implore de partager avec lui sa bénédiction et elle accepte.

Des centaines de visiteurs se rendent encore de nos jours en pèlerinage au mausolée de Lala Khlidja et son epoux Si Belkacem.

Par Hammar Boussad

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