L’élection de Trump vue par les médias : entre inquiétudes, alarmisme et incertitudes



L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ne laisse personne indifférent. Les officiels et les médias internationaux enchaînent les réactions. TSA vous propose un tour d’horizon des principaux journaux à travers le monde.

« La maison des horreurs »

Avec sa « Une » saisissante, le quotidien New yorkais The Daily News a fait le « buzz » aux États-Unis et ailleurs. En titrant sur « House of Horrors », soit la maison des horreurs, la rédaction du journal a choisi une photo de la maison blanche en fond, avec un drapeau américain en berne et à l’envers. Un gros clin d’œil à la série télévisée « House of Cards » sur les aspects sombres de la vie politique américaine.

Optimisme prudent de la presse russe

On le sait, Donald Trump a laissé entendre qu’il adopterait une politique plus conciliante envers la Russie et son président, Vladimir Poutine. Les quotidiens russes, à l’image des journaux mondiaux, relèvent la victoire « surprise » du candidat Républicain.

Pour le quotidien Kommersant, « tout le génie de Donald Trump est qu’il a simplement su apparaître au bon endroit au bon moment ». L’auteur fait référence à sa capacité à surfer sur une vague populiste montante aux États-Unis et sur le rejet de « l’establishment » et du système politique actuel. Trump pourrait ainsi « sauver les États-Unis de leur impérialisme ».

Pour un autre grand journal russe, Izvestia, « les surprises ne font que commencer », tablant sur un véritable changement aux États-Unis. Mais le quotidien se garde bien de s’avancer, soulignant le caractère imprévisible et les « incertitudes » qui entourent la politique de Trump.

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Pour sa part, Gazeta, un quotidien de la région de Moscou, cite un expert qui parie sur une levée des sanctions américaines à l’encontre de la Russie en 2017, à la suite de l’élection de Donald Trump. Cela dit, un autre article du même média assure que « Trump arrive avec une révolution », avant de mettre en garde : « danse Russie, et pleure Europe ! Tant que la fumée n’est pas retombée ». L’auteur met ainsi en garde contre les conséquences, après l’euphorie et l’onde de choc provoquées par les résultats, avec des changements encore incertains.

« Nouveau départ » dans la relation russo-américaine ?

Récemment, les tensions entre la Russie et les États-Unis étaient à leur paroxysme, avec des relents de guerre froide. Le Kremlin voyait en Hilary Clinton, partisane d’une position dure à l’égard de la Russie, comme une continuité malvenue de la politique américaine.

C’est ainsi que Trump est devenue ouvertement « le candidat préféré » de Moscou, soulevant des espoirs d’apaisement. Le président russe Vladimir Poutine n’a pas tardé à féliciter le vainqueur Républicain. Poutine a d’emblée affirmé sa volonté de coopérer et « restaurer les relations » entre les deux superpuissances. Surtout, la Russie devrait se réjouir de la volonté affichée par Trump de se désengager des « affaires du monde ».

Le Mexique « tremble », les Anglais sous le choc…

Pour le quotidien mexicain Excelsior, la nouvelle de l’élection de Trump est « A trembler ! ». C’est le titre et la « Une » du journal qui s’inquiète des promesses de campagne du Républicain. Il a été particulièrement offensif contre le Mexique, promettant de construire un mur à la frontière entre les deux pays et de le faire financer par… le gouvernement mexicain.

Au Canada, le Journal de Montréal ne se remet pas de la victoire, titrant sobrement avec « OH MY GOD ! » (Oh mon Dieu !), avec une photo du président élu américain. Encore plus alarmiste, le quotidien français Libération, réputé proche de la gauche, s’alarme d’une « Trumpocalypse ». Un jeu de mots entre le nom du candidat et… l’apocalypse.

Toujours en France, le quotidien Le Monde est également alarmiste : « l’élection de Trump va être un séisme pour le monde », titre le journal. Ce séisme peut se traduire surtout par un retrait des États-Unis à travers le monde, prédit l’auteur. En effet, le candidat Trump promettait de privilégier la politique intérieur du pays et « placer les intérêts américains en premier ».

L’élection de Trump vue par les médias : entre inquiétudes, alarmisme et incertitudes

« Méfiance » chinoise et « incertitudes » mondiales

De nombreux médias, comme le Guardian britannique, Le Monde français (et bien d’autres), souligne « les incertitudes » autour de la future politique du magnat de l’immobilier, désormais futur président des USA. La réaction des marchés à l’annonce de sa victoire en atteste. Par ailleurs, ses déclarations tonitruantes, xénophobes, misogynes (etc.) font de lui un personnage « imprévisible ». Ce qualificatif revient en force, notamment au sujet de sa politique étrangère.

De son côté, la Chine a, officiellement, eu une réaction mesurée. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dit « espérer des efforts communs (…) pour promouvoir la stabilité de relations saines entre les deux pays ». Cela dit « les médias des élites ont quitté la neutralité et l’objectivité, ils ont volontairement trompé les électeurs, les sondages étaient faux », pour le quotidien officiel Huanqiu Shibao. « La diplomatie traditionnelle des États-Unis va subir un bouleversement » même si « à court terme, il n’y aura pas de changement précipité », selon la même source.

Iran, Syrie, Afghanistan… Des dossiers chauds

Par ailleurs, Trump aura à gérer des dossiers chauds, après son accession à la Maison Blanche. Par exemple, la Syrie est au cœur des luttes d’influence et des disputes internationales. Sur ce sujet, le Républicain s’est attiré les foudres de l’administration de Barack Obama (et Hilary Clinton).

Il s’est montré ouvert à une collaboration russo-américaine sur la question, et disait que « ce serait bien » que les deux pays s’entendent pour affronter l’organisation terroriste de Daech. Par ailleurs, Trump a eu des commentaires positifs à l’égard du président Syrien Bachar Al Assad : pour lui, si « l’opposition » remportait la guerre dans le pays, l’on se retrouverait « avec bien pire qu’Assad », rappelle le quotidien américain The Washington Post. Trump a même attaqué son adversaire Clinton durant la campagne, affirmant qu’elle était bien moins forte et intelligente qu’Assad.

Par ailleurs, l’Iran, à travers l’Ayatollah Khamenei et le président Hassan Rohani, adresse une mise en garde voilée au président élu. La république islamique insiste sur l’obligation de respect de l’accord international conclu sur le nucléaire iranien. En Afghanistan, les Talibans appellent Trump à retirer les troupes américaines d’Afghanistan.

Sur un autre sujet, environnemental, de nombreux observateurs s’inquiètent de l’avenir de la lutte contre le changement climatique. Au vu des discours et affirmations de Trump sur le sujet, la situation risque d’être « catastrophique ».

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Source : tsa-algerie.com / Tewfik Abdelbari

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