Les attentats, contre-offensive d’un Daech affaibli au Moyen-Orient



Depuis l’offensive russe de la fin de l’année dernière, Daech semble marquer le pas en Syrie. L’instauration d’un cessez-le-feu entre les forces de Bachar al-Assad et les milices de l’opposition ne concernaient pas les offensives occidentales et celles de l’armée syrienne contre les forces de Daech et du groupe al-Nosra.

Offensives en Syrie et en Irak

En Syrie, l’armée régulière est en passe de reprendre Palmyre, la ville antique occupée par l’État islamique (Daech) depuis mai 2015. Appuyée par l’aviation russe, l’armée syrienne a débuté depuis le 7 mars une offensive pour reprendre la ville classée par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Cette reconquête constituerait une étape décisive et hautement symbolique pour le régime syrien, car elle ouvrirait la porte sur le désert et donc sur les territoires à la frontière de l’Iraq, dont la province de Deir ez-Zor et la ville de Raqqa, autoproclamée capitale de Daech.

En Irak, la reprise de Mossoul par les troupes, est considérée comme l’objectif le plus important de la campagne de reconquête des territoires dont l’État islamique (EI) avait réussi à s’emparer en 2014. Plusieurs localités situées à une soixantaine de kilomètres de Mossoul ont déjà « été libérées », précise le commandement irakien.

L’opération de reconquête est menée par l’armée de Bagdad et les Unités de mobilisation populaire, une coalition de milices principalement chiites, soutenue par la coalition internationale dirigée par les États-Unis. Mossoul, qui se trouve à 350 km au nord de Bagdad, constitue de facto la capitale de l’EI en Irak après avoir été la première grande ville du nord du pays à tomber aux mains des djihadistes en juin 2014.

L’arme terroriste

La poursuite des bombardements des forces occidentales qui ont notamment visé les ressources pétrolières dont dispose Daech et qui sont sa principale source financière, ont ébranlé l’État islamique.

Affaibli notamment par l’engagement des troupes russes en septembre 2015, Daech a tenté une sorte de contre-offensive extérieure, en visant tout d’abord la Libye où la formation djihadiste a réussi à s’implanter, menaçant par la sorte la Tunisie frontalière qui a subi plusieurs attentats de masse.

Mais depuis 2015, Daech a multiplié ces attaques suicides très violentes dont la plus sanglante fut les opérations menées à Paris en novembre. D’autres pays européens ont été ciblés. En octobre de la même année, un avion civil russe explose au-dessus du Sinaï. La Turquie a subi plusieurs attentats, notamment dans la ville de Suruç, en juillet 2015, contre la gare d’Ankara en octobre et près de la Mosquée bleue à Istanbul en janvier 2016. Le même mois, le premier pays musulman du monde, l’Indonésie subit un attentat islamiste attribué à Daech, le 14 janvier au matin, mené par cinq assaillants, dont trois kamikazes.

De nouveaux attentats prévisibles

C’est ce contexte qui explique principalement l’attentat qui vient de frapper la capitale belge. L’opération était montée de longue date. L’arrestation en fin de semaine dernière de Salah Abdeslam, le dernier rescapé des attentats de Paris, n’a fait peut-être qu’accélérer l’offensive djihadiste.

Le fait que Bruxelles soit le siège de l’Union européenne n’a fait qu’accroître le retentissement des attentats. Les objectifs de Daech ? Affaiblir les États européens qui interviennent en Irak et en Syrie (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni). Par ses attentats, l’État islamique espère que les réactions de panique qui naissent et croissent dans les populations des pays imposent à terme un retrait des forces occidentales ou tout au moins certaines d’entre elles.

Mais Daech compte également aviver des réactions xénophobes dans les pays concernés, contre l’importante immigration d’origine arabe ou moyen-orientale qui existe dans les pays européens, le plus souvent intégrée depuis des décennies.

De nouveaux attentats sont donc à craindre. Seul facteur « rassurant », les djihadistes de Bruxelles semblent avoir fait partie du même groupe que les acteurs des attentats de Paris. Ce qui pourrait indiquer que Daech ne dispose peut-être pas de plusieurs autres groupes du même type en Europe. Mais l’on sait aussi que l’organisation a évidemment infiltré l’important mouvement de réfugiés qui ont fui la Syrie pour l’Europe.

Source : tsa-algerie.com / Pierre Morville

Laisser un commentaire