Les dessous de la vente d’Alstom à General Electric



La vente d’un fleuron industriel français à la société américaine General Electric a alimenté de nombreuses interrogations. Pour le PDG de GE, c’est « une chance qu’on ne voit qu’une fois par génération », laquelle génération n’aura évidemment pas les réponses.

Le président d’Alstom Russie Philippe Pegorier a soulevé, à l’intention de Sputnik, le rideau cachant les arcanes du marché. 

« Il y a eu une +merge+ (fusion). General Electric a acquis le business énergie d’Alstom, c’est-à-dire à peu près 70% de l’activité de notre compagnie, ou plutôt de de notre ancienne compagnie, et Alstom est devenu une société centrée sur le transport ferroviaire. L’analyse était simple: le pôle énergie d’Alstom, même de cette taille, était trop faible pour subsister seul et devait trouver l’appui d’une grande compagnie tant qu’il était rentable, tant que les conditions étaient encore bonnes. C’était une décision peut-être difficile, mais néanmoins indispensable pour faire perdurer le savoir-faire et les usines d’Alstom », a-t-il dit à une envoyée de Sputnik. 

Force est de constater que M.Pegorier est non moins réticent que bon nombre d’autres acteurs en lien avec Alstom à s’exprimer sur sa vente pour plus de 12 milliards d’euros. 

Ainsi, de nombreux observateurs signalaient à l’époque qu’un élément capital a été occulté dans le cadre de l’acquisition, à savoir les poursuites judiciaires américaines qui ont visé Alstom. Pendant quatre ans, de 2010 à 2014, dans un secret quasi absolu, des dizaines d’enquêteurs du FBI ont poursuivi Alstom pour des affaires de corruption (en Indonésie, en Arabie saoudite, aux Bahamas ou encore en Egypte). 

Pour faire pression sur le groupe français, les autorités américaines ont mis en accusation de hauts dirigeants d’Alstom. L’un d’entre eux a même été emprisonné durant 14 mois aux Etats-Unis. 

Sous la pression, l’entreprise a capitulé et a accepté de plaider coupable. Elle s’est vue infliger une énorme amende de 772 millions de dollars. 

Au sein de l’état-major d’Alstom, tout le monde sait que les poursuites judiciaires engagées aux Etats-Unis ont joué un rôle déterminant dans le choix de vendre la branche énergie. Ces poursuites expliquent tout », a déclaré un dirigeant qui a voulu rester anonyme.

Dans cette histoire la France a perdu une part de sa souveraineté industrielle. Avec Alstom, elle a cédé ses turbines et ses réseaux électriques, après avoir vendu ses téléviseurs et son imagerie médicale (Thomson), son aluminium (Pechiney), son acier (Usinor-Sacilor) et son ciment (Lafarge) au suisse Holcim, et ses équipements de télécommunication (Alcatel) au finlandais Nokia. 

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