Les deux candidats sont au coude à coude



AutricheSelon les premières projections, Norbert Hofer pour l’extrême droite devance légèrement l’écologiste Heinz Fischer, au second tour de l’élection présidentielle.

Les deux candidats à la présidentielle autrichienne, Norbert Hofer pour l’extrême droite FPÖ, et l’écologiste Alexander Van der Bellen, étaient au coude à coude dimanche, selon les projections des instituts de sondage à la fermeture des bureaux de vote.

Selon les estimations de la télévision publique ORF, le candidat du FPÖ obtenait 50,2% des voix contre 49,8% à son rival, avec une marge d’erreur de 2% dans ce scrutin très observé en Europe. L’écart est trop faible pour projeter le nom du vainqueur.

Une nouvelle projection affinée de l’institut SORA pour la télévision publique autrichienne donne dimanche l’écologiste Alexander van der Bellen en tête du second tour de l’élection présidentielle. Mais l’écart demeure trop faible pour avancer le nom d’un vainqueur.

Alexander Van der Bellen est donné à 50,1% des voix contre 49,9% pour le candidat de l’extrême droite, Norbert Hofer. La marge d’erreur de cette nouvelle projection pour la chaîne publique ÖRF est de 1,6 point.

Grands partis perdants au 1er tour

L’Autriche a commencé à voter dimanche pour élire un nouveau président, lors d’un scrutin très suivi en Europe. Le candidat d’extrême droite, Norbert Hofer, est donné favori face à l’écologiste Alexander Van der Bellen. Le 1er tour a été fatal aux grands partis.

Quelque 6,4 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour désigner un successeur au social-démocrate Heinz Fischer, qui achève son deuxième mandat et ne pouvait pas se représenter.

La majorité des bureaux de vote ont ouvert à 07h00 et se sont clos à 17h00, heure à laquelle ont été publiées les premières estimations.

Une première en Europe

«Je serai président», a assuré Norbert Hofer, 45 ans, qui est arrivé largement en tête au premier tour avec 35% des suffrages, meilleur score à un scrutin national de son parti, le FPÖ. Alexander Van der Bellen avait recueilli 21,3% des voix.

Une victoire de Norbert Hofer, un ingénieur aéronautique âgé de 45 ans, militant depuis sa jeunesse au FPÖ et vice-président du Parlement depuis 2013, constituerait la première élection à la tête d’un Etat de l’Union européenne d’un représentant d’un parti radical et nationaliste.

Crainte de Jean-Claude Juncker

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé sa crainte de «voir la droite pure et dure et l’extrême droite» l’emporter dimanche en Autriche, une perspective applaudie en revanche par le Front national (FN) français.

En 2000, l’entrée au gouvernement autrichien du FPÖ, alors dirigé par Jörg Haider, avait provoqué des sanctions européennes et valu à ce pays le statut de paria au sein de l’Union.

Les observateurs reconnaissent un statut de favori à Norbert Hofer, tout en restant prudents, faute de sondages entre les deux tours.

Déroute historique

Les partis social-démocrate (SPÖ) et conservateur (ÖVP), au pouvoir depuis la Seconde guerre mondiale, ont subi une déroute historique au premier tour. Ils ont atteint moins de 11,3% chacun, sur fond de crise migratoire et de morosité économique. Aucun parti, à l’exception des Verts qu’il a dirigés pendant plusieurs années, n’a donné de consigne de vote en faveur de Alexander Van der Bellen, conformément à la tradition politique du pays.

Cet ancien professeur d’université âgé de 72 ans, tenant d’une ligne centriste et libérale, a toutefois recueilli de nombreux soutiens de personnalités, ce qui lui a valu d’être qualifié de «candidat de l’establishment» par Norbert Hofer. Alexander Van der Bellen a appelé vendredi à faire barrage à l’extrême droite, rappelant que «la folie du nationalisme» avait causé la ruine du pays.

Député discret et policé

Porté par la crise des migrants qui a vu 90’000 personnes demander l’asile en Autriche en 2015, soit plus de 1% de sa population, Norbert Hofer s’est gardé des dérapages ouvertement xénophobes qui avaient fait la marque de son parti par le passé.

Ce député discret et policé, qui a contribué à lisser l’image de son parti, a principalement axé son discours sur l’emploi et le niveau de vie des Autrichiens, assurant qu’il n’entendait pas voir son pays quitter l’UE, à moins que la Turquie n’y adhère. (afp/nxp)

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