Les deux Grands modernisent leurs armes nucléaires



Dissuasion Russes et Américains réduisent leurs arsenaux atomiques mais en améliorent leurs capacités, selon le SIPRI.

Il y a une bonne nouvelle et de nombreuses mauvaises dans le rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) rendu public lundi. La bonne, c’est que depuis le pic de 70’000 têtes nucléaires enregistré au milieu des années 80, le nombre d’armes atomiques continue de baisser année après année dans le monde pour s’établir aujourd’hui à quelque 15’400, réparties entre neuf pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord).

L’effet des traités

Selon le Sipri, ce déclin est dû avant tout aux réductions effectuées dans leurs arsenaux par la Russie et les Etats-Unis – qui détiennent à eux deux près de 93% des armes nucléaires dans le monde – à la suite de trois traités signés par les deux superpuissances depuis 1991.

Cependant, «le rythme des réductions semble ralentir par rapport à il y a une décennie et ni la Russie ni les États-Unis (…) n’ont réalisé de réduction significative dans leurs forces stratégiques depuis (…) le nouvel accord START» sur le désarmement entré en vigueur en 2011.

Mille milliards de dollars sur 30 ans

Mais surtout, déplore le Sipri, alors qu’ils ont ralenti le rythme de leur désescalade, Russes et Américains ont lancé d’importants programmes de modernisation de leurs arsenaux nucléaires. C’est ainsi que Washington s’apprête à dépenser mille milliards de dollars ces 30 prochaines années pour moderniser ses armes atomiques. «Un contraste frappant avec la promesse du président Obama de réduire le nombre d’armes nucléaires et leur rôle dans la stratégie américaine de sécurité nationale», affirme Hans Kristensen, coauteur du rapport.

Des armes « utilisables »

Pire, selon certains politiciens américains comme la sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, la modernisation des bombes du type H B61 les rendrait plus précises et donc «plus utilisables». Un véritable tournant dans la stratégie nucléaire qui a toujours été orientée vers la dissuasion et non l’utilisation de l’arme ultime.

Enfin, relève le Sipri, les autres puissances nucléaires (Chine en tête) ont toutes commencé à déployer de nouveaux systèmes de vecteurs d’armes nucléaires ou annoncé leur intention de le faire. Bref, «en dépit de la réduction continue du nombre d’armes, les perspectives de progrès réel vers le désarmement nucléaire demeurent sombres» conclut Shannon Kile, l’un des auteurs du rapport.

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Bernard Bridel

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