« Les données personnelles sont mal protégées en Turquie »



Un expert en cybersécurité commente la récente fuite, sur Internet, des données personnelles de 50 millions de Turcs – sur une population totale de 80 millions d’habitants.

Les autorités turques n’arrivent pas à protéger les données personnelles des habitants du pays, a déclaré vendredi à Sputnik Ozan Ucar, expert en cybersécurité et professeur à l’Académie de la sécurité de l’information (BGA).

« Il faut reconnaître que ces données ne sont pas bien protégées en Turquie (…). La fuite d’informations et leur publication sur Internet a révélé deux phénomènes désagréables. Premièrement, ces données personnelles se sont retrouvées entre les mains de pirates informatiques et l’Etat n’a rien pu faire pour l’éviter. Deuxièmement, n’importe qui peut avoir accès à ces données », a indiqué M.Ucar.

Début avril, des pirates informatiques ont publié une base de données contenant des informations sur 50 millions de Turcs sur un site enregistré en Roumanie. Sur sept giga-octets de données, on trouve des listes de noms et prénoms de citoyens turcs et de leurs parents, ainsi que des dates et lieux de naissance et des numéros d’identification nationaux. L’incident a provoqué un débat national sur le niveau de sécurité des données personnelles en Turquie.

Les informations stockées en ligne sont toujours exposées à des risques et c’est l’Etat qui doit garantir leur sécurité, rappelle M.Ucar.

« Ces données confidentielles doivent se trouver dans des systèmes autonomes. Les banques procèdent notamment à la fragmentation et au cryptage des données concernant les cartes de crédit de leurs clients pour les stocker dans leurs propres systèmes informatiques bien protégés. Quand les pirates se sont emparées de données sur 2,7 millions de cartes d’une grande banque internationale, ils n’ont pas pu s’en servir, parce qu’une grande partie des données était stockées dans d’autres systèmes », a expliqué M.Ucar.

« Que doit faire l’Etat dans cette situation? Il doit modifier les numéros des cartes d’identité des citoyens turcs et compliquer la procédure d’utilisation de ces numéros, ce qui signifie prendre des mesures de sécurité supplémentaires. A présent, les citoyens turcs doivent indiquer leur numéro d’identité même lorsqu’ils achètent un médicament à la pharmacie ou louent un vélo. Ce n’est pas bien », a conclu l’expert.

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