Les Etats-Unis appelés à exiger un référendum d’autodétermination au Sahara occidental



WASHINGTON – Deux sénateurs américains ont appelé les Etats unis et leurs alliés à exiger la tenue d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental et faire pression sur le Maroc pour le respect de son engagement initial pris en 1991 conformément au cessez-le-feu conclu avec le front Polisario.

« Au vu des questions sécuritaires importantes qui s’imposent à la la région, il est plus que jamais important que les Etats unis et leurs alliés se mettent du côté du peuple sahraoui et exigent la tenue d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental », ont souligné Joseph Pitts, un républicain de Pennsylvanie et John Conyers, un démocrate du Michigan, dans une chronique publiée récemment sur le site d’information et d’analyses « politico ».

M. Pitts qui co-préside la Commission Tom Lantos des droits de l’homme de la Chambre des représentants américaine, et M. Conyers, également co-président du Sahara occidental Caucus, (un groupe parlementaire créé au Congrès américain pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination), ont, par la même occasion, insisté sur la nécessité que les Etats unis et leurs alliés exercent une pression sur le Maroc pour qu’il fasse honneur à son engagement initial pris il y a 25 ans, pour permettre au peuple sahraoui de disposer de lui-même de son avenir.

Aussi, les acteurs internationaux, « devraient insister pour que le Maroc mette fin à son opposition à la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental occupé.

Une telle attitude, ont-ils regretté, « cache l’ampleur des souffrances humaines qu’endurent les populations sahraouies ».

« La communauté internationale ne peut pas tolérer un tel mépris effronté », ont-ils dit, ajoutant que le Maroc continue d’occuper le territoire, quand bien même, « aucun organe de l’ONU ne reconnaît la prétendue souveraineté du Maroc sur le territoire sahraoui ».

Le conflit au Sahara occidental a dispersé des familles entières et entraîné une vague de réfugiés. Qui plus est, les autorités d’occupation marocaines soumettent le peuple sahraoui à « toute forme de violations », et « répriment de façon systématique » la liberté d’expression, et « répriment violement » toute tentative de protestation », soulignent les deux sénateurs.

Des éléments de preuves, réunies par le Centre Robert F. Kennedy, pour la justice et les droits de l’homme, (une organisation indépendante d’observateurs), montrent que le gouvernement marocain a procédé, au cours des deux dernières années, à des arrestations arbitraires et a commis des abus sur des prisonniers politiques, en plus des restrictions injustifiées à la liberté de mouvement, ainsi que des violations du droit à la liberté de réunion, d’expression et d’association.

L’organisation a cité le cas de Mohamed Lamine Haidala, un jeune sahraoui, qui avait été agressé par des individus marocains en 2015.

Agé de 21 ans, Haidala, dont la dépouille est toujours retenue par les forces de sécurité marocaines, avait été arrêté et placé dans un lieu de détention sans soins médicaux pendant sept jours. Une fois libéré, il s’est vu refuser à plusieurs reprises un traitement. Quelques temps après il a fini par succomber à ses blessures.

Revenant sur les derniers développements dans le dossier sahraoui, les deux sénateurs ont, dans leur chronique intitulée « l’occupation oubliée »,  ont constaté que « la situation pourrait se détériorer rapidement, si le Conseil de sécurité ne prend pas des mesures décisives ».

Ils se sont notamment élevés contre l’attitude du Maroc qui a expulsé la composante administrative et politique de la Mission de l’ONU pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO) suite à la visite effectuée par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dans les camps de réfugiés et aux territoires sahraouis libérés à Bir Lahlu.

Avec l’expulsion de fonctionnaires de l’ONU, « la menace d’une guerre ouverte se profile à l’horizon avec plus d’insistance, comme elle ne l’a jamais été depuis 1991 », estiment les auteurs du texte.

Ces actions, rappellent-ils, ont poussé la Commission du Tom Lantos à tenir une audition sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

Pour la première fois depuis des années, des experts ont témoigné officiellement sur les violations des droits de l’homme et ont soumis des recommandations pour un règlement du conflit au Sahara occidental, opposant le Maroc et le Front Polisario.

Qualifiée de dernière colonie en Afrique, le Sahara occidental a été envahi par le Maroc en 1975 après que l’Espagne s’ y soit retirée.

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