Les frappes américaines feraient reculer l’EI



AfghanistanSelon le département de la Défense, les capacités du groupe ont été réduites.

L’implantation naissante de l’Etat islamique (EI) en Afghanistan a été freinée par des dizaines de frappes américaines depuis janvier, selon un général américain qui a toutefois mis en garde jeudi contre les capacités des djihadistes à reprendre rapidement du terrain.

L’armée américaine a mené «un peu moins» de 100 frappes dans des opérations d’antiterrorisme en Afghanistan depuis janvier, dont 70 à 80 ont visé l’EI, a déclaré le général Charles Cleveland, porte-parole des troupes américaines en Afghanistan.

Le président Barack Obama a autorisé en janvier les frappes américaines contre l’EI dans l’est du pays, en plus de celles visant Al-Qaïda.

«Nous estimons que les capacités de l’EI ont été réduites» depuis cette autorisation, a poursuivi le général Cleveland devant des journalistes.

Anciens talibans

L’armée américaine évalue à entre 1’000 et 3’000 le nombre de combattants de l’EI se trouvant en Afghanistan, selon le général Cleveland qui a toutefois précisé tabler plutôt vers «le bas» de cette estimation.

La plupart sont d’anciens talibans afghans et pakistanais déçus par la direction du mouvement, ainsi que des islamistes ouzbèkes et locaux, selon lui. «Leur présence a également été réduite à Nangarhar», a-t-il ajouté.

Cette province dans l’est de l’Afghanistan est l’un des foyers dans la région du groupe EI, particulièrement implanté à la frontière avec le Pakistan.

Le général a cependant mis en garde contre la capacité de l’EI «à retrouver très rapidement son élan». «Nous voulons donc maintenir une pression constante sur eux.» Il a également chiffré à entre 100 et 300 le nombre de combattants d’Al-Qaïda.

Enquête sur des raids américains

Alors qu’ils viennent d’annoncer le début de leur «offensive de printemps», les talibans afghans restent aussi sur le radar des Etats-Unis.

«Nous avons observé qu’ils commencent à rétablir leur présence dans le Helmand», l’un des berceaux de l’insurrection talibane dans le sud de l’Afghanistan, a souligné le général Cleveland. «On a constaté qu’ils passaient à l’offensive, particulièrement dans leur tentative de dégager certaines zones dans l’est de l’Helmand.»

L’armée américaine avait annoncé plus tôt jeudi l’ouverture d’une enquête sur des raids aériens américains menés dans l’est de l’Afghanistan et qui ont tué 17 personnes. Elles sont présentées comme des «insurgés» par les autorités afghanes mais comme des «civils» par des responsables locaux.

«Lutte contre le terrorisme»

Dans le cadre de sa «lutte contre le terrorisme», l’armée américaine conduit régulièrement des frappes aériennes, généralement à l’aide de drones dont l’usage est controversé, dans les régions frontalières du Pakistan où sont implantés les talibans, des combattants se réclamant de l’EI et des membres d’Al-Qaïda.

Mercredi 6 avril, «les forces américaines ont mené deux frappes aériennes antiterroristes dans la Paktika», une province très instable, a indiqué à l’AFP le général Cleveland.

«Pour l’heure, rien ne prouve qu’il y ait des victimes civiles. Cependant, nous avons ouvert une enquête exhaustive», a-t-il ajouté.

Un responsable afghan a assuré sous couvert de l’anonymat qu’il s’agissait de «dix-sept insurgés armés liés au réseau Al-Qaïda», mais des chefs locaux ont en revanche affirmé qu’il s’agissait de civils. (afp/nxp)

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