Les hackers «ignorent les frontières»



Cybersécurité Selon certains experts, la lutte contre les pirates informatiques devrait transcender les frontières nationales pour être efficace.

La lutte contre les pirates informatiques doit être coordonnée au niveau européen car les hackers ignorent les frontières, a estimé mercredi le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes informatiques (Anssi), Guillaume Poupard.

«Nos réseaux ne s’arrêtent pas à la frontière. Ils sont très souvent conçus à l’échelle européenne, quand ce n’est pas plus», a dit M. Poupard, à l’ouverture des Assises de la sécurité et des systèmes d’informations, à Monaco.

Distorsion de concurrence

«Et puis il y a une sorte de distorsion de concurrence entre ceux à qui on impose des règles et ceux à qui on n’impose rien», a-t-il ajouté, alors que la France vient d’instaurer des obligations pour les organismes d’importance vitale (OIV), les entreprises indispensables au bon fonctionnement du pays.

«On pousse (…) pour avoir une démarche la plus uniforme possible au niveau européen, tout en conservant une souveraineté nationale», a-t-il dit.

Une directive européenne doit entrer en vigueur en 2018, qui prévoit notamment l’identification d’«opérateurs essentiels» pour lesquels seront décidées des règles communes.

«Tout cela va fonctionner sur la base d’une coopération volontaire entre les Etats (..) en maîtrisant évidemment les informations qui seront échangées. Cela veut dire qu’il n’y aura pas de super-chef au niveau européen», a précisé le responsable.

«Si on reste à un niveau national, on va être limité. (…) Quand bien même on arriverait à super-sécuriser la France, si on laisse se développer des foyers de contagion, des zones de non-droit à nos frontières, on sent très bien que ça va nous porter malheur très rapidement», a-t-il insisté, alors que certains pays européens n’ont pas encore créé de structure pour coordonner la lutte contre les hackers.

450 millions d’euros

L’Union européenne prévoit de consacrer 450 millions d’euros dans un partenariat public-privé de recherche et développement sur la cybersécurité, sans doute dans le domaine des objets connectés, de la sécurisation des véhicules et des systèmes industriels, a dit M. Poupard, se réjouissant de ce que les Français soient «très présents».

«On a également besoin des industriels non-européens, et je suis ouvert à toute coopération intelligente, non naïve, de manière à éviter les risques –qui existent toujours– et en même temps attirer les meilleurs bénéfices pour tout le monde», a-t-il dit, faisant notamment allusion aux Américains qui peuvent parfois être un peu trop «curieux».

(afp/nxp)

Source : www.24heures.ch

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