Les membres de « Ness stahe » s’insurgent contre « une dérive totalitaire »



L’émission satirique de KBC, « Ness stahe », ne pourra plus enregistrer dans ses studios de Mahalma (Alger). La décision a été prise par la gendarmerie (lire notre article en cliquant ICI). Selon des sources proches de la chaîne de télévision, le directeur de KBC, Mehdi Benaissa, a  été convoqué hier et mis en garde à vue tard dans la soirée. Il l’a été en même temps qu’une responsable du ministère de la culture.  Les deux personnes seront  présentées devant le juge incessamment, probablement.
Le site d’ »El Khabar » confirme l’information. Dans un article publiée sur la version numérique du quotidien arabophone il est indiqué que « les forces de la gendarmerie nationale ont investi les les studios de l’émission « Nass Stahe » et ont stoppé le tournage » tout en ajoutant que « le directeur de la chaîne télé et une responsable du ministère de la culture sont en garde de vue dans le cadre d’une enquête sur les autorisations de tournage accordées aux deux émissions (« Ki ahna ki ness » et Ness stahe », ndlr)« .

Les membres de « Ness stahe » s’insurgent contre « une dérive totalitaire »

L’article d’ « El Khabar Online » précise également que le Président du Conseil d’administration d’El Khabar, Zahreddine Smati, a été convoqué « pour être écouter » sans donner plus de détails.

A préciser que dans un post publié sur son mur facebook l’actrice de l’émission, Amina Ahmed Belabed, a tenu à nier une quelconque intrusion de la gendarmerie dans les studios (voir capture d’écran en dessous).

Les membres de « Ness stahe » s’insurgent contre « une dérive totalitaire »

Capture d’écran du post de Amina Belabed

Femina (son surnom dans l’émission) a publié un texte dans lequel elle précise qu’ « il n y a pas eu d’intrusion des gendarmes. Ils ont convoqué Abdelkader (Djeriou, le réalisateur, ndlr) et ils l’ont informé. Arrêtez vos mensonges« .

La der a été diffusée ce jeudi!

Toutefois, le dernier épisode de l’émission sur KBC n’aura pas été finalement celui d’hier. Dans la soirée de ce jeudi, « Ness Stahe » a été diffusée comme d’habitude, aux environs de 20h42. Il s’avère que cet épisode, à l’instar des précédents, a été enregistré la veille, en soirée. Pour l’histoire, deux personnalités publiques ont été « touchées » durant cette soirée. L’un est le PDG de Naftal et l’autre est la « cible » numéro 1 de l’émission depuis le début de ce mois de ramadan, Chakib Khelil.

Les acteurs de l’émission satirique ont réagi en groupe en utilisant les réseaux sociaux. Ils ont ainsi publié une vidéo dans laquelle le réalisateur de l’émission Abdelkader Djeriou, entouré par les autres membres de l’émission, expliquait la situation.

« Une dérive totalitaire dangereuse »

L’un des membres de l’équipe, Kamel Abdat, n’a pas hésité à évoquer « une dérive totalitaire dangereuse » dans un post publié sur son compte facebook.

Les membres de « Ness stahe » s’insurgent contre « une dérive totalitaire »

Il a également lancé un appel « pour soutenir notre combat pour la liberté d’expression et de pensée. Vive la liberté et à bas la dictature.Nass estah toujours debout. »

Salim KOUDIL

@SalimKoudil

Liberte-algerie.com

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