Les privés nationaux sollicités pour la réalisation des hôpitaux



L’appel leur a été, en effet, solennellement lancé hier en marge de la 3e édition du Salon El-Moustechfa, par le ministre Abdelmalek Boudiaf qui confirme que le projet des cinq CHU a été gelé à cause des prix, jugés “surestimés”, proposés par les firmes étrangères.

Après le gel du projet de réalisation de cinq, voire de dix grands CHU, annoncé en grande pompe, en 2014, le ministère de la Santé se tourne, désormais, vers les opérateurs nationaux privés pour la réalisation de nouvelles structures hospitalières de “240 lits et plus”. L’appel leur a été, en effet, solennellement lancé hier en marge de la 3e édition du Salon El-Moustechfa par le ministre Abdelmalek Boudiaf qui confirme, une fois de plus, que le projet des cinq CHU a été gelé à cause des prix, jugés “surestimés”, proposés par les firmes étrangères retenues dans un premier temps. “Aujourd’hui, j’appelle l’ensemble des opérateurs nationaux privés à venir investir dans la construction d’hôpitaux de quelque capacité qu’ils proposeraient : 240, 500, voire 1 000 lits. Je confirme qu’au niveau de mon département, les investissements sont ouverts à tous les privés et je les rassure de les accompagner et de les aider pour la réalisation de tout projet utile au secteur”, a-t-il martelé, considérant que le secteur privé est “complémentaire” au secteur public.
Le ministre ne doute pas des capacités des opérateurs nationaux pour, souhaite-t-il, la réalisation d’hôpitaux aux normes “des plateaux internationaux”. Il a affirmé, à ce titre, qu’un appel ou des appels nationaux seront prochainement lancés.
Dans la foulée, M. Boudiaf se veut même rassurant concernant la crise économique qui, selon lui, n’affecterait, à présent, “nullement” son secteur. “Il n’y a aucune incidence financière sur le budget dédié au développement du secteur de la santé”, a-t-il souligné. Outre le recours au privé, la “dissolution” annoncée de l’Agence nationale de gestion des réalisations et d’équipements des établissements de santé (Arees), organisatrice du Salon El-Mostechfa, exprime-t-elle une volonté des autorités de renoncer définitivement au projet de réalisation des grands CHU ? “Non”, répond le ministre, en expliquant que ce projet serait juste “gelé” et qu’il pourrait être relancé au moment opportun. Il rappelle que le gel de ce projet est motivé par les “prix surestimés” qu’avaient proposés les entreprises étrangères dans un premier temps retenues dans le cadre de l’appel d’offres international qui sera, ensuite, déclaré “infructueux”. Selon lui, ces entreprises auraient exigé, en outre, le taux de change de devises “exagéré, de l’ordre de 94%” pour le transfert des dividendes de leurs investissements. Quant à la dissolution de l’Arees, récemment décidée à la suite d’une instruction du Premier ministre portant “fusion des EPA et remodelage des Epic”,
M. Boudiaf, même s’il ne nie pas cette décision, affirme que la dissolution de ladite agence ne deviendra effective qu’après la publication d’un décret ministériel. Manière de justifier l’organisation par cette agence de la présente édition du Salon El-Moustechfa. Ce salon qui aura, néanmoins, enregistré la participation des DSP des 48 wilayas, des CHU et autres établissements publics, mais aussi de nombreux opérateurs, nationaux et internationaux, spécialisés notamment dans les équipements hospitaliers. Le ministre a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de réviser le mode de gestion des structures sanitaires. Il plaide, désormais, pour la création de ce qu’il appelle “des circonscriptions sanitaires”. M. Boudiaf est foncièrement opposé à la gestion autonome et éparse, actuellement en vigueur.

Farid Abdeladim

Source : Farid Abdeladim

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