Les réformes, c’est maintenant ou jamais !



Mieux vaut pour l’Algérie d’essayer de s’intégrer rapidement dans l’engrenage de l’économie internationale et ne pas trop tourner en rond ni gaspiller du temps pour rien.

Car, disons-le franchement et tout de suite, autant notre pays se concentre seulement sur les richesses de son sous-sol pour son développement, autant son adaptation au rythme de la croissance mondiale ressort presque de l’impossible ! Les données, les statistiques et la conjoncture économique exceptionnelle que nous vivons présentement suffisent amplement pour nous convaincre que les secteurs industriel, agricole et tertiaire sont à la peine. De toute façon, les nôtres seront amenés à se résoudre, tôt ou tard, au choix du «pragmatisme économique» quoique doivent leur en coûter le risque ou la complexité. Si insistance il y a sur la nécessité impérieuse de ce pragmatisme-là, c’est parce que c’est la clé de voûte pour notre salut.

Dans cette perspective, il nous serait plus opportun d’aller dans le sillage des fameux Tigres asiatiques (Singapour, Malaisie, Thaïlande, Hong Kong, Corée du Sud, Malaisie, Taïwan, etc.), lesquels ont réussi en moins de trois décennies à émerger comme pôle économique concurrent du géant chinois grâce à leur stratégie d’industrialisation et d’encouragement des investissements directs étrangers (IDE). Il va de soi toutefois que cela ne se réalise pas, en ce qui nous concerne, avec des programmes attrape-tout, peu lisibles, noyés dans les généralités et surtout vidés d’un contenu économique intéressant ! Autrement dit, ce que présentent la nomenklatura et en particulier nos partis politiques en termes de solutions et d’alternatives à notre marasme est d’une effroyable inanité. Or, c’est le moment ou jamais pour que ces derniers compensent ce qui nous manque en maturité par des initiatives économiques concrètes et courageuses.

Lancer à titre d’exemple des start-up pour les jeunes avec l’obligation d’installer des bureaux d’études et de consulting dans le domaine agricole est une des pistes à privilégier pour venir à bout de cette sinistrose virale qui nous enfonce chaque jour davantage dans un trou noir. Bref, par quelque bout qu’on la prenne, la question économique est tributaire de la souplesse des mécanismes administratifs, de l’inventivité des responsables et de l’efficacité de la machine bureaucratique face aux menaces et aux soubresauts totalement incontrôlables du monde cruel de la finance. Inspirons-nous de certains pays occidentaux qui ont créé même le concept de «crowdfunding» (le financement participatif). Un système qui permet la collecte massive des fonds pour des projets économiques, culturels et sociaux utilitaires via le Net, moyennant des promesses de marge de bénéfices pour tous les donateurs. C’est ce genre d’idées que nos chefs ont à réactiver et non pas les slogans creux de «serrez la ceinture !». C’est d’autant plus urgent de s’y mettre que nous sommes toujours à mi-chemin, sinon à l’arrêt dans des réformes placebo trop esthétiques et superficielles, voire minimalistes.

Kamal Guerroua

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