Les sachets de lait cancérogènes seront enfin retirés du marché !



Si un touriste étranger s’aventure dans nos villes aux trottoirs détériorés, aux rues endommagées, aux ordures éparpillées, aux immeubles aux façades maculés d’antennes paraboliques, il aurait deviné rapidement qu’il se trouve bien dans un pays sous-développé rien qu’en constatant les longues chaînes qui se forment devant les épiceries pour avoir leur quota de lait en sachets.

Du lait en sachets ! Cela n’existe nulle par ailleurs. Oui, notre lait quotidien se vend dans des sachets en plastique que toutes les recherches ont prouvé qu’ils sont cancérogènes, mais personne ne se soucie de la santé du peuple. Même si le Premier ministre Abdelmalek Sellal a déclaré depuis déjà deux ans leur retrait du marché, ceux-ci étaient toujours là. Mais comme d’habitude les déclarations de nos responsables ne sont suivies que rarement d’actions et ce, même si la vie du citoyen est mise en danger. Quand on sait que 50 000 cas de cancer sont diagnostiqués chaque an en Algérie, il y a de quoi s’inquiéter sérieusement sur ce que nous consommons et notre environnement.

Pourtant, à en croire le quotidien El Khabar, cette fois c’est la bonne ! Cet emballage dangereux sera retiré du marché dès le mois de mars prochain et il sera désormais vendu dans des boîtes en carton. Comme dans tout pays qui respecte l’hygiène alimentaire.

Le directeur commercial du complexe laitier de Bir Khadem M. Mohamed Saidi a précisé que toutes les décisions ont été prises et que tout l’équipement nécessaire à ce nouvel emballage est disponible et la commercialisation débutera dans un mois avec 100 000 boîtes puis viendra la généralisation de ce nouveau conditionnement pour l’ensemble du pays. Mais ce responsable n’a donné aucune précision sur l’échéance de la disparition de ces sachets mortels, ni sur le prix de vente de cette substance indispensable sous son nouveau look.

Dans le marketing, on dit : « Il est important d’avoir un bon emballage que d’avoir un bon produit » mais le marketing chez nous n’est qu’une matière enseignée pour décrocher un diplôme dans le domaine. Il n’y a ni concurrence ni excès d’offre pour améliorer et le produit et son conditionnement. La santé du citoyen est le dernier souci des producteurs et des commerçants. L’école algérienne a assassiné l’amour de la beauté et de l’art, et l’Algérien ne fait guère attention à l’esthétique des emballages exposés, il ne cherche que la disponibilité et le bas prix surtout quand on appartient à ces couches socialement précarisées.

Dans l’attente de ces boîtes de lait « aux normes », il ne nous reste qu’à prierr le bon Dieu de nous protéger de la nocivité des sachets de lait que nous achetons depuis des décennies.

Rachid Mouaci

Source : lematindz.net

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