L’Espagne pourrait enfin former un gouvernement



MadridUn petit parti régional espagnol, «Compromis», a relancé mardi les négociations pour trouver un gouvernement.

Le petit parti régional espagnol «Compromis» a proposé un accord in extremis aux formations de gauche pour éviter la tenue d’élections anticipées.

«Nous pouvons encore éviter la tenue d’élections», a déclaré mardi matin le porte-parole du parti socialiste (PSOE), Antonio Hernando. Il a assuré que sa formation était déjà d’accord avec la plupart des points proposés par le parti régionaliste de gauche de la région de Valence.

La proposition de «Compromis» est intervenue alors que le roi Felipe VI devait achever mardi soir une série d’entretiens avec les dirigeants politiques du pays. Le souverain pourrait ensuite annoncer la tenue de nouvelles élections en juin, faute d’accord pour la formation d’un gouvernement. Les législatives du 20 décembre avaient laissé un parlement fragmenté, sans majorité claire.

Le parti socialiste accepterait l’accord qui prévoit des mesures d’urgence sociale, de lutte contre la corruption ou de «régénération démocratique», en échange de la formation d’un gouvernement dirigé par le PSOE et des personnalités «indépendantes», a expliqué M. Hernando.

Proposition «intéressante»

Le parti de gauche radicale «Podemos» a jugé l’initiative de «Compromis» «intéressante». Il a toutefois assuré sur Twitter qu’il n’était pas favorable à un «gouvernement du PSOE en minorité», sans cependant préciser s’il acceptait de discuter sur cette base.

Compromis propose la formation d’un gouvernement de coalition composé de partis de gauche: le PSOE, Podemos et Izquierda unida (Gauche unie, écolo-communiste) notamment.

M. Hernando a assuré que son parti acceptait d’emblée 27 des 30 points de la proposition de «Compromis» et qu’ils étaient compatibles avec l’accord qu’il a déjà passé avec le parti libéral Ciudadanos, dont les autres partis de gauche ne veulent pas. «Nous voulons faire tous les efforts et être le plus souples possible», a-t-il assuré.

«Nous pouvons encore éviter la répétition d’élections, c’est que ce souhaitent la plupart des citoyens, qui estiment que cette éventualité serait un grand échec», a déclaré le porte-parole socialiste. Selon lui, le parti centriste a accepté de l’«étudier».

Ciudadanos a cependant rejeté d’emblée la proposition, «un document de trois pages, pour gouverner pendant quatre ans entre six partis différents», a résumé son chef Albert Rivera. «Nous sommes condamnés à de nouvelles élections», a-t-il ajouté.

Accord a minima

«Par sens des responsabilités, il fallait une dernière tentative de dernière minute», avait expliqué un peu auparavant le porte-parole de Compromis à la chambre basse, Joan Baldovi, lors d’une conférence de presse à Madrid.

«L’accord a minima», rédigé par ce seul parti dans la nuit, a été présenté mardi matin au roi et transmis aux autres formations de gauche auxquelles il s’adresse.

Avec l’abstention des nationalistes et des indépendantistes, une alliance entre le PSOE (90 sièges) et Podemos et ses alliés (65 sièges), pourrait permettre «un gouvernement de changement» et chasser la droite du gouvernement, qu’elle dirige depuis 2011, a expliqué M. Baldovi.

Sans les centristes

L’élu régionaliste n’inclut pas les centristes dans cette coalition et compte sur leur abstention. Il a admis que «le pourcentage de chances d’un accord est très faible». Mais «ce que nous entendons dans la rue c’est qu’il serait préférable qu’au minimum nous tentions d’y arriver jusqu’à la dernière minute», a-t-il ajouté.

Les partis ont en théorie jusqu’au 2 mai pour investir un candidat à la présidence du gouvernement après quoi des élections devront être automatiquement organisées le 26 juin. Les derniers sondages indiquent cependant que les résultats ne changeraient pas fondamentalement la répartition des forces actuelle. (ats/nxp)

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