Lettre ouverte à ma mère



Annaba, le 08/06/2017

Mère, mer de tendresse, je t’écris cette lettre pour t’informer de mon désir de m’exiler à la recherche de la vie de la liberté, de la dignité.

Mère, océan d’affection, je ne sais pas si tu me comprendras mais je t’en prie, ne pleure pas. Mon pays l’Algérie devient invivable pour moi, un véritable cauchemar pour ton fils. Alors, je t’en supplie, comprends-moi et pardonne-moi.

Je vais traverser la mer en espérant ne pas échouer dans la gueule d’un requin. Je sais, la modeste embarcation pourrait aussi chavirer et me retrouver malmené par les vagues géantes et implacables mais j’accepte de prendre tous les risques. Je ne peux plus continuer de vivre dans ce pays ou je me sens étranger, renié, méprisé. Je me sens opprimé, oppressé, rejeté, abandonné au point ou même la respiration devient difficile.

Si mon destin est de mourir en mer emporté par les flots ou déchiqueté par les requins, sois courageuse, accepte le destin même s’il est terrible. Si j’arrive à bon port et que j’arrive à me faire une bonne situation, peut-être que tu pourrais me rejoindre en Italie ou éventuellement en Tunisie car j’ai juré de ne plus remettre mes pieds dans ce maudit pays. Si Dieu le veut, tu bercerais tes petits enfants dans tes bras.

Dans tous les cas, sache que je t’adore très fort Maman chérie et que je penserais toujours à toi. En attendant, je te demande de me donner ta bénédiction et de prier pour moi.

Au revoir Maman, je t’embrasse très fort.

Ton fils Mhend Ameghbun.

Par Hammar Boussad.

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