L’extrême droite perce à Berlin, Merkel est avertie



A Berlin, le parti de la chancelière (CDU) a vécu dimanche une nouvelle débâcle aux élections de la ville-Etat en atteignant péniblement les 18% des …

Elections en AllemagneA un an du scrutin fédéral, les conservateurs de la CDU obtiennent leur plus mauvais score historique aux élections de la capitale.

A Berlin, le parti de la chancelière (CDU) a vécu dimanche une nouvelle débâcle aux élections de la ville-Etat en atteignant péniblement les 18% des voix, une baisse de plus de 5 points par rapport à 2011. C’est le plus mauvais score historique de la CDU dans la capitale.

A un an des élections générales, ce résultat est un nouvel avertissement pour Merkel et pour le camp conservateur, désormais menacé de scission. D’abord, Berlin était dirigée par une «grande coalition», comme au fédéral (CDU et SPD). Les électeurs berlinois ont sanctionné clairement cette alliance politique en préférant un «front de gauche» comme nouveau gouvernement (SPD, arrivé en tête, les écologistes et la gauche radicale «Die Linke»). Cette option, inimaginable il y a cinq ans au niveau fédéral, montre qu’une alternance est possible à gauche pour renverser Merkel.

Progression et nervosité

Ensuite, la progression de l’extrême droite, confirmée dimanche avec un score de 13%, constitue une menace grandissante pour Merkel. Au bord de l’extinction il y a un an, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) réalise aujourd’hui des scores dépassant les 20%. Il est présent dans plus de la moitié des parlements régionaux et pas seulement dans l’ex-Allemagne de l’Est. Le parti anti-islam a obtenu 15% dans la région très prospère du Bade-Wurtemberg, à l’Ouest.

Il y a deux semaines, l’extrême droite est arrivée pour la première fois dans l’histoire du pays devant les conservateurs dans le Mecklembourg. Une défaite hautement symbolique dans la propre circonscription de la chancelière. L’AfD est désormais en mesure de faire son entrée au Bundestag en 2017. Ce serait un choc en Allemagne: l’extrême droite n’y est jamais entrée depuis 1949.

La nervosité grandit donc dans le camp conservateur à l’approche de ce scrutin fédéral. Malgré sa grande popularité, Merkel n’a jamais été autant contestée par ses propres troupes. Sa politique en faveur des réfugiés sera mise en cause par ses détracteurs pour expliquer la débâcle de Berlin.

Menace bavaroise

Les influents Bavarois de la CSU, la branche régionale de la CDU, ont juré de ne pas soutenir sa candidature si elle refusait de limiter à 200 000 le nombre de réfugiés accueillis chaque année dans le pays. Le patron de la CSU, Horst Seehofer, a menacé de rompre l’alliance historique avec la CDU si Merkel ne cédait pas. «Sans limites, elle n’aura pas notre soutien», a-t-il lancé. Une scission du camp conservateur serait fatale pour la chancelière mais aussi pour toute la droite allemande.

Malgré un durcissement de sa politique d’asile, Angela Merkel refuse d’instaurer un contingent pour les demandeurs d’asile. Elle refuse également de marcher sur les terres de l’extrême droite en reprenant les revendications de ses amis de la CSU (interdiction de la burka, suppression du double passeport).

D’ici au congrès de la CDU de décembre, la chancelière devra convaincre ses troupes que sa politique est la bonne. Sa réélection comme présidente sera déterminante pour prétendre à une quatrième candidature en 2017. Aucun rival dans le parti n’est encore prêt à lui barrer la route. Pour l’instant. (24 heures)

Source : www.24heures.ch / Christophe Bourdoiseau

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