L’huile d’olive vierge à 1 600 dinars



Comme nous l’avions déjà rapporté sur ces mêmes colonnes, la production oléicole dans la région n’a pas été prolifique. Déjà, les bâches et les gaules ont été rangées dans les hangars depuis belle lurette. En effet, certains oléiculteurs n’ont récolté que quelques sacs d’olives et par ricochet quelques litres d’huile. D’ailleurs, au lendemain de la fermeture des huileries, ce produit commence déjà à flamber. «Je vous assure que c’est la saison la plus ratée depuis plus de dix ans. Je n’ai eu que trente litres alors que l’année où les grains n’étaient pas abondants ma production ne baissait pas au delà de cent litres», regrettera cet oléiculteur d’Ath Ali espérant que l’année prochaine sera meilleure. Quant aux prix affichés, ils varient entre 700 et 800 dinars le litre. Pour M. Amrouz Merzouk, propriétaire d’une huilerie importante de la région, les oliviers n’ont pas assez donné de fruits, mais, il remarquera que le rendement au quintal est exceptionnel parce qu’il est supérieur à 25 litres. «Parfois, nous avons même atteint trente litres au quintal. Nous avons sauvé la saison aussi parce que nous avions pu ramener des quantités d’olives importantes des localités limitrophes. Nous sommes allés chercher les olives même à Bouira», ajoutera ce gérant de cette huilerie familiale. Par manque de quantités d’olives, certaines femmes ont repris la trituration traditionnelle. «Quand on a quelques sacs, on ne va pas aller quand même vers une huilerie moyennant des frais supplémentaires. Alors, cette tâche est confiée comme dans le bon vieux temps aux femmes. Ce sont elles qui s’en chargent», nous confiera un oléiculteur d’Ath Sidi Maâmar. Cette façon de triturer les olives permet à la famille non seulement d’extraire une partie qui sera consommée par le ménage mais aussi pour extraire quelques litres qu’on appelle l’huile vierge. En kabyle, c’est « zith ou kchimen ou a men ». C’est un produit aux vertus thérapeutiques nombreuses. Il est rare et il est utilisé pour soigner quelques maladies (massage des muscles, grippe, rhume, maux abdominaux). En tout cas, dans tous les soins que prodiguaient nos grands-mères, l’huile vierge doit être de la partie. Aujourd’hui, elle est vendue entre 1 400 et 1 600 dinars le litre. «Il n’y a pas une grande quantité. On ne retire que deux à trois litres. C’est pourquoi elle est chère», constatera une agricultrice d’Ath Boumaâza. Dans les huileries traditionnelles, certains propriétaires la préparent dès les premières triturations. D’ailleurs, ils rendent service aux habitants du village en remettant à chacun un petit flacon qu’ils utiliseront pour des soins. Tout comme le miel, l’huile vierge est recommandée dans tous les foyers notamment là où on élève de petits enfants. Ils en ont toujours besoin.

Amar Ouramdane

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