Liban Paris se mobilise pour régler la crise politique



L’alibi syrien ne tient plus pour justifier la persistance de l’impasse politico-institutionnelle au Liban qui n’a plus de président depuis 2 ans.

« La crise syrienne ne peut à elle seule justifier l’absence de solution à la crise institutionnelle qui dure depuis trop longtemps », a martelé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Face aux responsables libanais, conviés à un dîner à la résidence française à Beyrouth, il a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences du blocage alimenté par les antagonismes locaux et les rivalités régionales. « Il faut trouver une solution, il appartient aux partis libanais de trouver les voies d’un compromis politique », a déclaré le ministre acquis au compromis interlibanais. « Nous dialoguons avec tous les pays qui exercent au Liban une influence », a par ailleurs assuré le ministre, particulièrement convaincu que « la solution ne viendra pas de l’étranger ». Le dialogue interlibanais dans un régime confessionnel, dominé par le partage du pouvoir entre les communautés dominantes (président maronite, Premier ministre sunnite, Parlement présidé par un chiite) est la clé de voûte du compromis favorisé par le rôle de « facilitateur » de la France et générateur d’un « meilleur soutien international ».
L’engagement de la France, traduit par la présence à la force onusienne de la Finul (850 militaires sur 10.000 hommes) déployée le long de la ligne de démarcation avec Israël, reste tributaire, selon le chef de la diplomatie française, de la mise en place d’un cadre global, solide, durable. La mission française, porteuse d’une initiative de rassemblement des principaux acteurs libanais et des puissances régionales influentes, s’appuie sur la nécessite d’un consensus a minima qu’il s’agit de dégager impérativement. Dès son arrivée à Beyrouth, lundi dernier à la mi journée, le chef de la diplomatie française s’est attelé à faire le tour de table avec les responsables (le Premier ministre Tammam Salam, le président de la Chambre Nabih Berry, le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï) et les personnalités marquantes (Sleiman Frangié, Saad Hariri, Samir Geagea, Michel Aoun, Mohammad Raad, Samy Gemayel, Walid Joumblatt). Parallèlement, des efforts sont aussi menés pour tenter de surmonter les divergences entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui se sont déclarés favorables à une solution politique en cas d’une position consensuelle libanaise.
Cette mobilisation internationale s’inscrit dans la perspective de la conférence internationale sur le Liban, prévue en septembre prochain en marge de l’Assemblée générale des Nations unies avec la participation des membres permanents du Conseil de sécurité et des « pays amis » du Liban concernés. Paris réussira-t-elle le pari difficile du consensus libanais, miné par des divergences internes et les ingérences étrangères porteuses de fractures dommageables pour la paix, la sécurité et la stabilité du Liban ?
Larbi Chaâbouni

Horizons-dz.com

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