« Libre ou rebelle », un roman de questionnements et de déracinement



Amélie Louis cultive l’art de l’écriture. Une écriture naturelle, pure avec un choix de mot qui fait souvent mouche.

La romancière nous revient avec Libre ou rebelle, un roman paru chez Edilivre qui raconte l’histoire de Rachid, un jeune d’origine algérienne parti avec sa famille, à l’âge de 10 ans, en France où son père les attendait. Ce départ va produire un déclic, une peur que Rachid n’arrivera pas à surmonter. «J’ai peur de cet ailleurs obscur, de cet abime où vivent ces inconnus…». Dans les yeux de cet enfant, la France n’était donc pas ce pays idéal !

Pour autant il va essayer, comme sa famille, de surmonter le déracinement sous l’autorité ombrageuse du père. «Le fonctionnement familial va reprendre ses droits. Mon père se réclame de l’autorité, celle qui édicte les règles, c’est un homme aride de mots qui sait monter le ton et se faire obéir sur le champ d’une phrase.» Ses journées, Rachid les passe avec son frère Ahmed à arpenter le labyrinthe urbain. L’école ? Elle n’est pas son fort, il essayera de l’éviter avec toutes sortes de subterfuges, comme imiter la signature de sa mère pour trouver des mots d’excuses. Pour lui donc c’est plutôt l’école buissonnière, celle de la liberté échevelée. Il honte les squares où il se livre à sa passion l’écriture, c’est son exutoire. Il passe le plus clair de son temps à noircir des pages blanches. Il veut consacrer sa vie à l’écriture et à rien d’autre. Mais, en attendant, une foule de questions l’assaillent : «ce que je fais relève du grand écart entre assurer ma survie financière et vivre mes passions. Mais peut-il en être autrement ? Un artiste existe-t-il en tant que tel ? J’entends par là, en dehors du système, sans l’articulation argent, pouvoir, critiques, médias ? A quoi ça sert l’art sinon au témoignage, à la survie mentale qui n’a aucune valeur économique ?».

Dans cette quête permanente, Rachid fait des rencontres heureuses, amoureuses. Celle avec Inès, rencontrée à 16 ans, en fait partie. Il en sera envouté, éblouie par cette fille. Cet amour fusionnel est suivie d’autres car pour Rachid : «Aimer c’est laisser partir». Pour autant, quelques années après, il revient vers cet amour d’adolescence pour l’épouser.

Amélie Louis construit par petites touches, sensibles, à fleur de peau, le personnage de Rachid et son univers. Un univers de mots, d’écriture et d’auteurs.

Le chemin de Rachid est truffé de rencontres et de voyages. Il se cherche, il est en quête de sa voie. A force de petits boulots, de rencontres et voyages, il a fini par trouver son chemin : la musique. A partir de là il a compris une chose : écrire et chanter sont les seules façons, selon lui, d’occuper sa place dans la société. Alors le reste ? Les retrouvailles avec Inès, le mariage et devenir le père d’un garçon, le conduiront à la notoriété, la reconnaissance tant recherchée.

L’univers de ce roman est tout entier dédié aux mots, aux phrases ciselées. Finalement à la vie et l’imaginaire d’un jeune qui se cherche un destin de créateur. Derrière les questionnements de Rachid, il y a la quête de la liberté qui taraude chacun de nous. L’univers d’écriture d’Amélie Louis est intéressant, il mérite le détour. Et dans ce Libre ou rebelle, Il y a de l’intelligence, du tact, de la liberté de ton que tout lecteur saura apprécier.

Dans ce roman, l’auteure nous rappelle que la plus grande force du monde c’est rien d’autre que notre conviction, cette volonté de vouloir monter plus haut. A hauteur de nos espoirs. A découvrir.

Kassia G.-A.

Libre ou rebelle d’Amélie Louis, paru chez Edilivre.

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