L’islam toujours au cœur des débats politiques en France



Emmanuel Macron, ex-ministre de l’Économie et fondateur du mouvement en marche a tenu mardi soir un meeting sur le thème de « la France qui unit ».

« Aucune religion n’est un problème », selon M. Macron, qui estime que la laïcité est une liberté avant d’être un interdit. Il a ajouté, au micro de BFM TV : « Il y a une laïcité et il peut y avoir un laïcisme ». Avant de pointer du doigt ceux qui combattent l’Islam en interdisant « de nouvelles choses comme le voile à l’université ou sur d’autres sujets symboliques qui alimentent le jeu de la division et de la guerre ».

Sarkozy en ligne de mire ?

Ces propos renvoient naturellement aux polémiques lancées par l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy, qui en pleine campagne des primaires de la droite affiche sa position vis-à-vis de l’Islam. « Ce n’est pas avec les religions que la République a des difficultés, c’est avec l’une d’entre elles qui n’a pas fait le travail nécessaire autant qu’inévitable d’intégration », peut-on lire à la page 66 de son livre programme, Tout pour la France.

Contrer le clan Alain Juppé, autre candidat des primaires et défenseur de « l’identité heureuse », l’ancien chef de l’État s’y est bien préparé. En témoigne leur communication diamétralement opposée du moins en apparence : force tranquille pour Alain Juppé, fougue révolutionnaire du côté de Sarkozy, un champ lexical différent, mais des idées peut-être similaires lorsque tous deux disent accepter la religion musulmane sur certaines conditions…

Et du côté de la gauche ?

Le 17 octobre Manuel Valls refait surface sur la question avec un tweet choc et massivement partagé sur les réseaux sociaux. « L’Islam de France, comme toutes les autres religions, a toute sa place en France. C’est le fait de notre histoire, de notre immigration. L’Islam est une part indissociable de nous-mêmes ; une part de notre culture ». Nouvelle vision pour le Premier ministre ? Déni ? Prise de conscience d’un potentiel candidat aux présidentielles ?

Mise à part au gouvernement, le débat sur l’Islam ne s’est pas encore fait beaucoup entendre du côté du Parti socialiste. Les prochaines primaires de la gauche pourraient relancer la question au sein de cette famille politique qui a longtemps été jugée comme communautariste par la droite ou opportuniste par de nombreux électeurs de confession musulmane déçus du quinquennat de François Hollande.

Reste le Front national, le parti d’extrême-droite, forteresse politique d’une France nostalgique du doux pays de son enfance. Sa président Marine Le Pen adopte une position déroutante en affirmant que l’Islam est compatible avec la République. Calcul électoral ? Selon Nicolas Lebourg, chercheur à l’Observatoire des radicalités politiques, « Marine Le Pen sait très bien faire le grand écart néo-populiste » en affirmant que l’Islam est compatible avec la République. « Elle prend d’ailleurs pour exemple celui des harkis qui démontrent, selon elle, qu’on peut être patriote et musulman », précise l’expert dans une interview du Monde.

Grands écarts surprenants pour certains ou propos mûrement réfléchis pour d’autres, les mots relatifs aux maux de l’Islam en France ne cessent d’alimenter les débats politiques. S’immisçant au sein des médias comme une question centrale, elle n’en reste pas moins dangereuse puisqu’elle alimente plus que jamais les peurs et la division d’une Nation. Reste à savoir si les programmes des candidats aux élections présidentielles de 2017 apporteront des réponses concrètes à la principale préoccupation des Français qui reste le chômage selon une enquête Harris Interactive pour RTL.

Source : tsa-algerie.com / Sarah Maria Meliani

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