L’usine de PSA en Algérie reportée, victime par ricochet des Panamas Papers



Effet domino des Panamas Papers dont PSA se serait bien passé … alors que tout semblait fin prêt pour la signature dimanche 10 avril lors du sommet France-Algérie, d’un accord d’implantation de l’usine PSA Peugeot Citroën en Algérie, la concrétisation de l’accord a été reportée à une date ultérieure. Un report annoncé par le ministre algérien de l’Industrie et des Mines Abdeslam Bouchouareb à l’ouverture des travaux du sommet.

Dans les colonnes de TSA (Tout Sur l’Algérie), le président du groupe Condor, Abderahmane Benhamadi, l’un des partenaires algériens du projet, a déclaré que les dirigeants avaient été contactés la veille de la tenue de ce sommet par le ministère de l’Industrie pour les informer sur le report de la signature de l’accord ». Samedi matin, la signature était toujours prévue officiellement.

Raisons invoquées par le ministère de l’Industrie : le business plan du projet n’aurait pas été validé. Or, cette validation constitue un préalable au passage du projet au niveau du CPE (Conseil des participations de l’État). Abdelmalek Benhamadi a par ailleurs précisé que le ministère de l’Industrie avait affirmé que le projet était encore à l’étude et que ses fonctionnaires n’avaient « pas le temps pour l’étudier. »

Arguments d’autant plus surprenants que le 22 décembre dernier, Abdeslam Bouchouareb affirmait que « le volet qui concerne le ministère a été finalisé ».  Le ministre avait même donné, à plusieurs reprises, la date du démarrage des travaux de réalisation de cette usine automobile.

Tout semble laisser croire que le projet de PSA fait les frais des tensions actuelles entre Paris et Alger dont un article du Monde concernant les liens entre de hauts responsables politiques algériens et les Panamas Papers est à l’origine. Précisons que l’accord sur l’usine (Peugeot-Citroën) constituait le projet majeur prévu à la signature lors de ce sommet.

L’usine de PSA en Algérie reportée, victime par ricochet des Panamas Papers

Le pouvoir algérien est particulièrement courroucé par la récente « une » du quotidien Le Monde montrant une photo d’Abelaziz Bouteflika, le Président algérien, parmi les dirigeants mis en cause dans le scandale des «Panama Papers». Certes, le journal a par la suite précisé que le nom du chef de l’État algérien n’apparaissait pas dans cette affaire. Mais le mal était déjà fait. D’autant plus que le Monde affirme par ailleurs que le ministre de l’Industrie a créé une société établie au Panama en avril 2015.

« Nous avons eu un protocole d’accord il y a une semaine et le projet a été validé par le gouvernement pour un investissement total de 100 millions d’euros », affirmait pourtant le 17 décembre M. Benhamadi,  le PDG de Condor, dont le groupe détient 15,5% du projet, le reste du capital étant réparti entre Peugeot (49%), PMO (Entreprise de Production de Machines Outil, Constantine – (20%) et une entreprise privée de médicaments (15,5%). Le dirigeant de Condor avait alors précisé que l’usine algérienne de PSA serait implantée à Oued Tlelat près d’Oran, à proximité de l’usine Renault, sur un terrain de 60 à 70 hectares.

Selon les projets établis pour le site, trois modèles sont prévus d’y être fabriqués: la Peugeot 301, la Peugeot 208 et la Citroën C Elysée. Le démarrage de la production était initialement annoncée pour fin 2018-début 2019. « L’usine démarrera avec une capacité de 25 000 voitures par an pour passer à 75 000 unités, puis à 150 000 véhicules », avait également détaillé à cette date  M. Benhamadi. Lequel avait alors ajouté que les travaux de réalisation de l’usine, confiés à des filiales de Condor, seraient lancés début 2016 après l’obtention des autorisations nécessaires.

Avant ce fâcheux revirement de situation, le site Peugeot de Oued Tlelat était prévu pour accueillir l’usine de montage et de fabrication, les équipementiers automobiles et les fabricants de pièces de rechange.

« Les actionnaires algériens ont insisté sur deux choses. La première est l’intégration et la fabrication de la pièce de rechange en Algérie. La seconde est que les véhicules produits en Algérie soient compétitifs et exportables. On s’est mis d’accord sur un taux minimal de 10% de la production qui sera destinée à l’export. Les représentants de Peugeot ont adhéré pleinement à cette philosophie. À charge aux partenaires algériens d’être compétitifs dans la fabrication de la pièce de rechange. Nous avons entamé les démarches pour faire venir les équipementiers automobiles », avait également précisé M. Benhamadi. Ajoutant que les actionnaires algériens allaient travailler avec les équipementiers étrangers dans le cadre de la règle 49/51 pour produire des pièces de rechange.

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