Mali : les islamistes récidivent à Tombouctou



Les groupes terroristes ont repris du terrain depuis la conclusion, au début de l’été 2015, de l’Accord d’Alger entre le gouvernement de Bamako et les ex-rebelles du nord du Mali.

Tombouctou, dans le nord du Mali, a connu hier de nouvelles violences terroristes qui ont coûté la vie à un soldat malien et blessé d’autres, dont des Nigérians, lors de deux attaques contre un camp de la mission de maintien de la paix de l’ONU et un point de contrôle proche de l’aéroport de Kabara, ont affirmé plusieurs sources.
L’attaque, qui avait débuté à l’aube (6h30 GMT), ne s’est achevée qu’au milieu de l’après-midi, avec l’élimination de quatre assaillants, alors que d’autres se seraient enfuis après s’être mêlés à la population, ont indiqué des médias locaux. “Les opérations militaires pour anéantir les terroristes sont terminées dans le secteur sud de Tombouctou”, a déclaré le chef des opérations militaires de l’armée sur le terrain, cité par l’AFP. “Au moins quatre terroristes ont été tués, dont ceux qui se sont fait exploser dans le véhicule, trois militaires maliens ont été blessés et un autre a été tué”, a-t-il ajouté. En effet, les terroristes se sont lancés sur le camp de la Minusma avec une voiture bourrée d’explosifs, a expliqué un membre de la force onusienne qui a fait de l’hôtel Palmeraie son quartier général à Tombouctou. “Le camp était pratiquement vide depuis quelques jours, mais quelques policiers étaient encore sur place pour garder le reste de l’équipement”, a affirmé cette source au journal en ligne Le Sahélien. Des terroristes s’étaient retranchés dans l’hôtel, mais aucune information n’a été donnée par les autorités maliennes ou la Minusma quant à leur nombre et où ils auraient pu fuir. “La Minusma a déclenché les patrouilles, remonté le niveau d’alerte et a fait décoller des hélicoptères autour de Tombouctou”, a précisé un porte-parole de la mission onusienne. Selon Reuters, citant le porte-parole de la Mission de l’ONU au Mali, Olivier Salgado, il n’y avait que quelques gardes au moment de l’attaque qui s’est déroulée en deux temps dans deux endroits différents à l’entrée de la ville de Tombouctou. En effet, les terroristes avaient simultanément attaqué un point de contrôle des forces de l’armée malienne au niveau du quartier Kabara, situé près de l’aéroport local, tuant un soldat malien et blessant d’autres. Pour rappel, les terroristes ont occupé Tombouctou au début de la rébellion targuie en 2012, mais l’arrivée de l’armée française, dans le cadre de la défunte opération Serval, les a contraints à battre en retraite avant de fuir vers l’extrême nord du Mali début 2013. Leur retour à Tombouctou, ainsi qu’à Gao, à Kidal et même à Bamako, où ils ont commis un carnage à l’hôtel Radisson Blu en novembre dernier, s’est fait juste après la signature de l’Accord d’Alger entre les autorités maliennes et les ex-rebelles. Outre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a multiplié les actions terroristes et revendiqué l’enlèvement d’une humanitaire suissesse à Tombouctou en janvier, il y a Ansar Eddine de l’ex-chef rebelle targui Iyad Ag Ghali. Cet ancien allié du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a juré de saper l’accord de paix au Mali dans un enregistrement audio dont des extraits avaient été publiés par l’agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar. Iyad Ag Aghali a menacé aussi de livrer une guerre sans merci au MNLA, qu’il a traité de traître, et de s’attaquer aux intérêts algériens et français au Mali et dans le Sahel.

Lyès Menacer

Source : Lyès Menacer

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